Un parc éolien ardéchois en financement participatif

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Le producteur d’électricité verte CNR propose d’associer les habitants de la commune de Saint-Georges-les-Bains (Ardèche) au financement d’un parc éolien qui doit être bâti sur leur territoire. Un moyen de favoriser l’acceptation locale du projet.

Le financement participatif des projets d’énergies renouvelables est en plein développement. La ministre de l’Environnement avait d’ailleurs annoncé, à la fin de 2016, la création d’un label dédié dont les premiers projets devaient être sélectionnés en ce début d’année. Dans cette mouvance, le producteur d’électricité 100 % renouvelable Compagnie Générale du Rhône (CNR) propose aux habitants d’une commune d’Ardèche d’investir dans un futur parc éolien qui doit être érigé dans ce territoire. L’entreprise explique vouloir « associer citoyens et collectivités à ses projets » pour « redistribuer la valeur créée (…) aux riverains« . Une initiative que le producteur d’électricité entend répliquer pour « d’autres projets de production d’énergie verte« . Une façon de « favoriser l’acceptation et l’intégration locale des projets« , souligne Julien Hostache, le directeur général d’Enerfip, la plateforme de financement participatif choisie.

 Environ 200 k€ attendus

 Il est prévu que le parc éolien de Planèze soit constitué de cinq éoliennes de 64 mètres de haut (100 mètres en bout de pale), d’une puissance cumulée de 11,5 MW et qu’il produise l’équivalent électrique de la consommation annuelle de 8.500 personnes (soit quatre fois la population du village). De quoi éviter le rejet de 13.735 tonnes de CO2 dans l’atmosphère chaque année. La levée de fonds sera effectuée entre le 1er mars et le 31 mai en trois phases : une première réservée aux riverains du projet, une deuxième aux salariés de CNR et enfin, une troisième ouverte au public. L’investissement minimal a été fixé à 10 € et le maximal, à 10.000 €. Il est prévu que 200.000 € soient récoltés, un montant proche de celui obtenu par EDF Energies Nouvelles à l’été 2015, lors d’une opération de financement participatif similaire pour un parc éolien dans les Vosges. Les 135.000 € apportés avaient alors servi à financer les études préalables à la construction. Des montants qui restent bien loin du plafond des opérations de financement participatif, porté à 2,5 M€ au mois de septembre 2016.

CNR annonce, de son côté, que les travaux ont d’ores et déjà commencé à l’été 2016 avec le concours d’entreprises locales pour les opérations de terrassement. La mise en service du parc est programmée pour le mois de juillet. L’énergéticien exploite déjà 33 parcs éoliens d’une puissance totale de 382 MW. Mais sa principale ressource reste l’hydroélectricité qui représente, avec 3 GW de capacité installée dans 19 grandes centrales et 21 petites, plus de 88 % de sa puissance. L’entreprise a engrangé, en 2016, un chiffre d’affaires de 1,05 Mrd €. Elle est détenue à 49,97 % par Engie, la Caisse des Dépôts (33,2 %) et des collectivités locales (16,83 %).

Projets de parc éolien des Gorges de la Cère (Lot)

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Projets de parc éolien des Gorges de la Cère (Lot)

Un article publié dans le Lot en Action du mois d’octobre (n°94), par Laurent Cougnoux, mis en ligne le 1er octobre 2015

Info lot parcs eoliens des gorges de la cere 1Deux projets de parcs industriels d’éoliennes sont actuellement à l’étude sur les communes mitoyennes de Comiac (département du Lot, cinq éoliennes de 180 m de haut par GDF Suez) et celles de Camps, Mercoeur et Sexcles (département de la Corrèze, dix éoliennes de 200 m de haut par la société Eolfi). Les démarches administratives (permis de construire et les autorisations d’exploiter) devraient être effectuées dès cet automne et les enquêtes publiques auront lieu en 2016.

Il va sans dire que ce type de projet réveille les passions et plusieurs collectifs d’opposants sont déjà à l’œuvre, à l’image de celui d’Agir autrement pour la Xaintrie (AAPLX) et de l’association pour la Protection du Patrimoine des Gorges de l’Escaumels (APPGE), qui ont mis en ligne une pétition pour s’opposer à la création de ces parc éoliens (1).

Là où le bât blesse, c’est précisément dans les arguments qui sont avancés par ce collectif, qui se concentre sur les pollutions visuelles et sonores, sur la dépréciation des biens immobiliers environnants, sur le piège mortel des monstres d’acier pour les oiseaux et sur les dégradations irréversibles qu’engendre l’implantation des éoliennes. Bref du classique en matière de lutte contre l’éolien. Si tous ces points avancés ne sont pas totalement infondés, ils sont à mettre en comparaison avec les autres sources de production d’énergie, notamment les centrales nucléaires et les usines thermiques (charbon, gaz, pétrole et biomasse), qui ont toutes un impact plus que conséquent (voire catastrophique) sur l’environnement et la santé publique. Et ce type de discours fini par agacer sérieusement, relevant davantage du Nimby (not in my backyard : faites ça ailleurs que chez moi) que du comportement responsable et de la réflexion collective.

 

S’il y a bien un point sur lequel il est intéressant de se focaliser dans tous ces projets éoliens, c’est bien celui de la participation citoyenne. Car si nous n’avons pas d’autre choix que de développer les énergies renouvelables (sauf à penser que le nucléaire, c’est sain et pas cher), nous avons en revanche celui de la forme de ces investissements colossaux et forts dispendieux en fonds publics (l’électricité achetée aux porteurs de projets est payée au prix fort). Car à l’image de ce qui a été réalisé en Bretagne, notamment dans la communauté de commune du Mené, en Pays de Vilaine, à Béganne, à Trégor ou encore à Séverac-Guenrouët, ou encore aux confins de l’Ardèche et de la Haute-Loir avec les Ailes de Taillard (2), nous pouvons garder la maîtrise de ces projets, tant dans leur dimensionnement que dans leur exploitation.

Au Mené, 7 éoliennes ont été construites. 140 ménages du territoire du Mené se sont regroupés sous la forme de 8 clubs d’investisseurs, des CIGALES (Club d’Investisseurs pour une Gestion Alternative et Locale de l’Épargne Solidaire), pour participer à l’investissement et détenir 30% du capital social. Le reste est détenu aujourd’hui par la SICAP, société coopérative de la région de Pithiviers (Loiret), qui gère, comme régie locale, la distribution électrique dans une centaine de communes et s’est lancée dans la production éolienne.

Les Bretons, décidément en avance sur pas mal de sujet, ont créé le réseau Taranis (3), un pôle de promotion et de diffusion du modèle d’énergie citoyenne en Bretagne, qui fédère une trentaine de porteurs de projets (associations, sociétés d’exploitation coopératives et collectivités) ayant des projets éoliens, photovoltaïques, bois énergie, micro-hydrauliques et de maîtrise de l’énergie en Bretagne.

Et il n’y a pas que nos amis Bretons. En Allemagne, près de la moitié de l’électricité renouvelable produite est aux mains des citoyens (4) et au Danemark, la participation citoyenne est devenu un pilier essentiel de la transition énergétique.

Alors non, je ne signerai pas la pétition mise en ligne contre les parcs éoliens des Gorges de la Cère. En revanche je me rendrai volontiers à une réunion d’information qui proposerait une participation active des citoyens à ces parcs et à une réflexion collective et proposante sur la transition énergétique.

 

Notes

(1) Pétition en ligne : http://chn.ge/1ONpUky

Site de l’APPGE : http://appge-comiac.e-monsite.com/

Site de l’AAPLX : http://agirautrementpourlaxaintrie.fr/

(2) Voir les articles publiés dans le LEA : http://bit.ly/1Jt5Pcb

(3) Site du réseau Taranis : www.reseau-taranis.fr/

(4) Voir le rapport Énergie citoyenne : les différents modèles participatifs en Allemagne : http://bit.ly/1FcFVi7

 

Info lot parcs eoliens des gorges de la cere 2

 

Climat : quand les citoyens se mobilisent (France Inter)

Agir ! Et ne pas tout attendre des gouvernements et des États. Un peu partout en France, des habitants se mobilisent contre le réchauffement climatique. Exemple en Bretagne, avec le premier parc éolien entièrement financé par des citoyens.

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À Béganne (Morbihan), à quelques kilomètres au sud de Redon, quatre éoliennes de cent mètres de haut tournent depuis juin dernier. Voici le premier parc financé par des citoyens. Michel Leclercq, le vice-président de l’association Éoliennes en Pays de Vilaine, n’est pas peu fier :

Ces éoliennes n’ont pas été financées par un fonds de pension situé on ne sait où, mais par les habitants du territoire. Plus de 1.000 personnes ont participé à leur financement.

 Retour sur investissement

Comment ça marche ? « C’est hyper simple ! », s’exclame Jean-Paul Garric, le trésorier de l’association. « 1.000 personnes ont mis des sous, au total 2,7 millions d’euros. Ce sont donc eux qui détiennent la société Bégawatts« , explique-t-il. Pour quel gain au bout du compte ? « Le parc pourrait générer 4 % de rendement annuel, répond Jean-Paul Garric, c’est mieux qu’un Livret A ! »

Chaque éolienne fournit assez d’électricité pour alimenter la consommation de 2.000 foyers. Le prix de l’action a été fixé à 23 euros. Mais la moyenne des sommes versées par les citoyens s’élèvre à 1.600 euros. Cybille Lecarrère n’a pas hésité à investir :

Mon mari et moi avons fait un chèque de 5.000 euros. C’est une grosse somme, mais on avait vraiment envie de s’impliquer à fond dans ce projet. On espère évidemment que ces éoliennes nous rapporteront un peu d’argent, mais ce n’est pas le fondement de notre démarche. On voulait avant tout participer à un projet citoyen.

Agir et ne pas tout attendre des gouvernements ou des États, incapables de conclure un nouvel accord de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Les projets fleurissent partout en France

Le financement citoyen des énergies renouvelables commence à décoller. Certes, nous sommes encore en retard par rapport à nos voisins allemands, où 200.000 personnes sont propriétaires de la moitié du parc des énergies renouvelables, mais les projets ne manquent pas dans l’Hexagone.

Créé il y a trois ans, le fonds « Énergie partagée » a collecté  7,7 millions d’euros. Christelle Sauvage en est la présidente :

Nous avons des projets en chaufferies bois énergie en Haute-Loire, en micro-hydraulique, en photovoltaïque, etc. Et à caque fois, ce sont des groupes de personnes qui ont envie de développer l’exploitation des ressources et des richesses de leurs territoires, dans le sens de l’intérêt collectif.

Le fonds « Énergie partagée » vient d’ailleurs de lancer un nouvel appel à investir dans ce type de financement citoyen.

France Inter – LE 7/9 – Emission du mercredi 5 novembre 2014
Ecouter l’émission 

« Ne pas fermer la porte à l’éolien »

photo éolienne

Les énergies fossiles et nucléaire ont fait leur temps, elles s’épuisent et leurs dangers pour l’humanité sont connus : réchauffement climatique, prolifération radioactive accidentelle, gestion des déchets, etc.

Mettre en œuvre la transition énergétique est désormais une obligation collective à laquelle aucun territoire ne peut se soustraire, sobriété et efficacité énergétiques devant se conjuguer au développement des énergies renouvelables.

Sur chaque territoire, il importe donc de faire l’inventaire de toutes les ressources renouvelables disponibles.

En Quercy Blanc, le dossier Neoen présente les résultats d’une campagne de mesures concluant à une ressource éolienne de 5,3 m/s en moyenne à 81,5 m.  Situées beaucoup plus haut, à 93m, les nacelles des machines proposées pourraient alors bénéficier d’une vitesse moyenne de vent évidemment bien supérieure.

Si la ressource éolienne est bien établie, l’exploitation de cette énergie peut être envisagée. En conséquence, aucun dogme « anti-éolien » définitif ne doit entraver la réflexion démocratique.

Bien évidemment, tout projet doit nécessairement être adapté, « à la mesure » de chaque territoire et ne provoquer aucune nuisance insupportable et irréversible.

Selon divers sondages, la grande majorité de la population française ne juge pas insupportable la vue d’une éolienne dans le paysage.

Le projet présenté par Neoen est limité à 5 machines regroupées sur un site peu habité, à proximité d’un poste de transformation EDF déjà existant. Le projet indique que toutes les lignes électriques seront enfouies et les éoliennes peuvent être démantelées au bout d’une vingtaine d’années (fonds provisionné).

Pour ce qui est du bruit, il importe que les contraintes réglementaires soient rigoureusement appliquées avec pénalités fortes et sanctions en cas de dépassement. A cet effet, une convention devrait être signée avec les municipalités et les associations riveraines.

Les retombées financières sur le bloc communal (communes et intercommunalité), pourraient être négociées avec le conseil général. Celui-ci pourrait par exemple accepter de reverser à l’intercommunalité une quote-part des taxes qu’il perçoit au titre du projet éolien.

Fondée sur le sens des responsabilités, la volonté lucide et le courage citoyen, une évidence s’impose désormais : il ne faut pas « fermer la porte à l’éolien ». En Quercy Blanc en outre, ne prenons pas le risque de laisser la voie libre aux projets « gaz de schiste » qui ne demandent hélas qu’à s’éveiller.

Dans l’intérêt général (qui n’est pas la somme des intérêts particuliers), pour éviter toute incompréhension ou affrontement stérile, M. le Préfet du Lot pourrait ainsi demander la réalisation d’un complément d’études avant de prendre sa décision définitive.

Charles FARRENY – Conseiller municipal de Montcuq – Conseiller à la Communauté de Communes du Quercy Blanc.

Lettre au commisseur enquêteur de l’enquête publique sur le projet éolien en Quercy Blanc

Il vous reste jusqu’ à demain samedi 12h pour déposer vos commentaires sur l’enquête publique en mairie de Sauveterre.

Voici la mienne :

 

Monsieur le Commissaire Enquêteur,

Qu’il est regrettable d’avoir appris le projet d’éolien du Quercy Blanc par le mouvement anti-éolien ! Qu’il est dommage que ce projet ne soit pas une initiative locale !

Les regrets s’arrêtent là.

Qui pouvait avoir les reins solides, l’expérience et le savoir faire pour mener à bien un tel projet ?

Mes recherches et la lecture des documents de l’enquête publique ne me font craindre en rien des nuisances sonores ou sanitaires. La taille et l’esthétique des éoliennes ne me pose pas non plus de soucis, je les trouve même intéressantes dans le paysage lointain très homogène de nos causses. Elles agiront comme des repères et des éléments structurant d’un paysage renouvelé.

Mon regard professionnel apprécie la finesse et la majesté des éoliennes œuvrant silencieusement à notre confort.

Comme ailleurs, les éoliennes ajouteront un nouvel attrait touristiques à notre région.

En pensant aux éoliennes, je pense à la nécessité de produire de l’électricité autrement, en utilisant une énergie renouvelable, gratuite, ne nécessitant pas d’intrant et ne produisant par de CO2 lors de son fonctionnement.

Je pense à l’indépendance énergétique de notre territoire, je pense aux revenus substantiels pour nos collectivités locales ( 80 à 120 000 €/an annoncés). Cette mène pourrait être consacrée au développement d’un cocktail pertinent d’autres énergies renouvelable.

Je sais pertinemment que le démontage des éoliennes pourra se faire sans aucun séquelles sur l’environnement, comme à Sallèles-Cabardès (11).

Abandonner ce projet efficient ( zone la plus ventée, éloignées des habitations et proche d’un poste électrique source), condamnerait tous les futurs projet éoliens du Quercy.

Je comprends les élus qui ne veulent prendre aucune responsabilité devant les éventuelles gènes soupçonnées que les éoliennes créeraient à leurs administrés. Mais je n’admets pas qu’ils se soient prononcés pour la plupart sans consulter l’enquête publique.

L’autorisation d’au moins une éolienne, au plus près du poste source, est indispensable pour que les citoyens puissent apprécier eux même les vertus d’un production d’électricité de manière propre.

En vous remerciant d’avoir été à mon écoute.

Boris BURZIO