« L’écologie “identitaire”, conçue comme seule réponse, est un rêve irresponsable »

Noël Mamère : « L’écologie “identitaire”, conçue comme seule réponse, est un rêve irresponsable »

Dans une tribune au « Monde », l’ex-candidat Vert à la présidentielle de 2002 presse les écologistes de ne pas cultiver une autonomie qui passerait par l’ignorance des autres forces de gauche.

Publié le 06 juin 2019 à 02h05 – Mis à jour le 06 juin 2019 à 09h20 Temps de Lecture 5 min.

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Tribune. Pour la génération d’écologistes à laquelle j’appartiens, longtemps considérée comme annonciatrice de l’apocalypse et accusée, entre autres, de refuser un « progrès » soi-disant bienfaiteur de l’humanité, ce qui s’est passé le 26 mai est à la fois un aboutissement et le début d’une histoire qui reste à écrire.

La surprise des observateurs politiques et des instituts de sondages devant ce bon résultat des écologistes est à la mesure de leur conformisme idéologique. Tout à leurs commentaires et débats d’experts sur le duel Macron-Le Pen et à leurs réflexes de classe embarrassés sur le mouvement des « gilets jaunes », ils n’ont pas vu entrer l’écologie dans la société. Alors qu’elle était en train de remporter une victoire culturelle, ils regardaient ailleurs.

Il aura fallu la démission fracassante de Nicolas Hulot, en forme de réquisitoire, pour que tout ce petit monde se réveille. Du jour au lendemain, les marches et les grèves des lycéens et lycéennes pour le climat, les actions en justice et autres initiatives de désobéissance civile non violente de la « génération climat » ont eu droit de cité dans les journaux télévisés et les magazines. Greta Thunberg est même devenue l’icône planétaire dont les médias se régalent… avant de s’en lasser !

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L’écologie est devenue le paradigme politique du XXIe siècle

Quant aux rapports d’experts, aux alertes des scientifiques de plus en plus nombreuses et alarmistes sur les conséquences du désordre climatique pour nos propres générations, aux chiffres effrayants sur la chute de la biodiversité, ils sont enfin pris au sérieux.

Au point que la question taboue de « l’effondrement » – dont il ne fallait surtout pas parler en raison de son caractère « anxiogène » – est devenue « tendance ». Parce que la succession des canicules, des sécheresses, des tornades, des inondations et de tous ces épisodes climatiques d’une violence inédite sous nos latitudes entraîne des effets psychologiques déstabilisants sur les populations, qui renforcent leur vulnérabilité.

Ainsi, après des années d’ignorance et de mépris, l’écologie est-elle devenue le paradigme politique du XXIe siècle. Comme si la pyramide s’était inversée : l’écologie incarne désormais le réalisme face aux désordres du monde et le libéralisme sans frein, défenseur du statu quo, est relégué dans le camp des utopistes.

Il existe donc bel et bien, aujourd’hui, une conscience écologique planétaire, capable de faire vaciller les tenants du dogme de la croissance et du progrès à n’importe quel prix. La bataille sera difficile, brutale peut-être, mais le rapport de force est beaucoup plus équilibré qu’hier (cf : les victoires contre Bayer-Monsanto). C’est la bonne nouvelle de ce début de siècle. Parce que « nous n’avons qu’un seul monde », comme le dit l’un de nos slogans préférés, une majorité de ses habitants est aujourd’hui décidée à ne pas le laisser dépendre des appétits de multinationales à la voracité insatiable.

C’est sur ce « terreau-là » que la liste Europe Ecologie-Les Verts, conduite par Yannick Jadot sur une ligne d’autonomie, a réalisé le score que l’on sait et créé la surprise de cette élection européenne qui ne ressemble à aucune autre, en raison de son taux de participation et de « l’effondrement » de la droite et du Parti socialiste, qui structuraient le débat politique français depuis des décennies.

Dans ce contexte, les 13,5 % d’EELV ont une tout autre dimension politique que les 16,8 % de 2009. Troisième force du pays et premier parti de toutes les gauches, les écologistes sont devant une responsabilité historique, puisque aucun rassemblement alternatif aux politiques libérales ne peut se faire sans eux.

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Relever le défi de l’alternative écologique et sociale

Soit ils décident de camper sur leur Aventin en cultivant une « autonomie » qui passe par l’ignorance des autres forces de gauche pourtant prêtes à se rassembler sur un projet à dominante écologique, soit ils ont la victoire généreuse, et ils prennent au plus vite les initiatives qui vont permettre de redonner du souffle et de l’espoir à toutes celles et ceux qui ne veulent pas se résigner à un face-à-face Macron-Le Pen.

Agir ainsi n’est pas sombrer dans la « tambouille politicienne », mais, au contraire, accepter de relever le défi de l’alternative écologique et sociale, ce qui est peut-être moins confortable politiquement, mais qui s’inscrit dans un projet historique dont les écologistes peuvent être le moteur. Car ils le savent bien, malgré leurs effets de manche, ils ne changeront pas le monde seuls sous leur panache vert.

L’écologie ne doit pas céder au « complexe Mélenchon », qui pensait incarner la gauche à lui tout seul

Voilà pourquoi je dis à Yannick Jadot, dont les récentes déclarations et interviews me glacent, que ce n’est pas le moment de se laisser griser par l’ivresse des cimes – à la hauteur toute relative au regard de l’urgence écologique, démocratique et sociale –, au risque de lourdes déconvenues, mais d’expliquer aux victimes des « fins de mois » difficiles aux allures de « fin du monde » que la lutte contre la malbouffe, pour l’agriculture bio et locale, pour l’isolation des logements, pour les mobilités, pour la mixité sociale, contre les perturbateurs endocriniens, etc. est le meilleur outil pour en finir avec ce cumul obscène des injustices sociales et environnementales qui affecte les plus vulnérables de nos sociétés.

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C’est apporter la preuve par l’écologie populaire que notre projet est d’abord au service de ceux qui souffrent le plus des inégalités et qui ont perdu l’estime d’eux-mêmes, vite transformée en haine de l’autre.

Jamais dans notre pays et, aujourd’hui, quelques autres en Europe, l’écologie n’avait rencontré une telle occasion politique de démontrer sa capacité à conduire la transformation du modèle dominant en un projet à hauteur d’homme. Elle ne doit pas manquer ce rendez-vous en cédant au « complexe Mélenchon », qui pensait incarner la gauche à lui tout seul. L’écologie « identitaire », conçue comme la seule réponse aux maux de ce monde en péril, est un rêve irresponsable qui peut vite tourner au cauchemar politique.

Proposer une nouvelle alliance écologique et solidaire

L’urgence et la responsabilité exigent des écologistes qu’ils fassent le premier pas vers leurs alliés naturels pour leur proposer une nouvelle alliance écologique et solidaire capable de redonner espoir aux enfants de ce siècle, qui nous en veulent beaucoup d’avoir cédé à nos égoïsmes.

Ils devraient méditer cette phrase de Scott Fitzgerald dans Gatsby le Magnifique : « Apprenons à montrer notre amitié aux gens pendant qu’ils sont vivants et non quand ils sont morts ! » A bon entendeur…

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Chèque énergie de 150€

Le bénéfice du chèque énergie est ouvert aux ménages dont le revenu fiscal de référence annuel par unité de consommation est inférieur à 7 700 euros, au titre de leur résidence principale.

La première ou seule personne du ménage constitue une unité de consommation. La deuxième personne est prise en compte pour 0,5 unité de consommation. Chaque personne supplémentaire est prise en compte pour 0,3 unité de consommation.

soit 1+0.5+0.3+0.3+0.3 = 2.4 pour un couple avec 3 enfants qui a un Revenu Fiscale de Référence de moins de 18 480 €

Ces valeurs sont réduites de moitié pour les enfants mineurs en résidence alternée au domicile de chacun des parents lorsqu’ils sont réputés à la charge égale de l’un ou de l’autre parent.

Vérifiez si vous êtes bénéficiaire : https://chequeenergie.gouv.fr/beneficiaire/eligibilite

en vous munissant de votre Revenu Fiscal de référence.

Une bonne initiative pour que les réfugiés ne soient pas longtemps que des réfugiés.

L’Allier invente un SAS d’intégration des réfugiés

http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2017/08/08/l-allier-invente-un-sas-d-integration-des-refugies_5169849_1654200.html

Alors que le plan du 12 juillet sur les migrations contient un volet sur l’intégration des réfugiés, sur le terrain, des initiatives existent déjà, comme celle qu’a mise en place le préfet de l’Allier.

LE MONDE | 08.08.2017 à 06h37 • Mis à jour le 08.08.2017 à 07h03 | Par Maryline Baumard

A l’AFPA de Montluçon (Allier), un groupe de réfugiés et de stagiaires en formation de maçonnerie, le 25 juillet.

« Pas de français, pas de travail. Pas de travail, pas d’argent. Pas d’argent, pas de maison »… Scotché à l’entrée de l’Association pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) de Montluçon (Allier), le message rappelle aux vingt réfugiés du lieu la règle d’or de l’intégration. Ici, nul n’est censé ignorer que le chemin qui l’amènera à signer un bail en ville passe par un bon maniement de la langue.

Pas étonnant, dans ces conditions, que mardi 25 juillet, Safi, 24 ans, déborde de fierté en exhibant son niveau B1 de français. Un diplôme décroché la veille qui garantit que le jeune Afghan se débrouille dans sa vie quotidienne, s’exprime sur ses sujets familiers et ses domaines d’intérêt ; mais peut aussi décrire un espoir, un projet ou une idée.

S’il veut être un jour naturalisé français, il lui faudra le B2. Mais en attendant, depuis le 14 avril et son emménagement dans une petite chambre de 7 m2 du centre de formation, le réfugié a franchi un pas de géant. « Ma priorité c’est le français, pose-t-il. Pour m’installer et devenir électricien. En Afghanistan je bricolais un peu, mais là, je vais devenir un vrai professionnel », résume Safi, tout à cet horizon qui passe par l’apprentissage du français.

Pour cela, il multiplie les occasions de s’exprimer, comme la ronde du soir où il accompagne l’animateur, juste pour discuter en plus des cours de français du matin et le MOOC (formation via internet) qu’il suit l’après-midi. « Le soir, je suis épuisé. C’est très fatigant de faire autant d’heures de langue chaque jour », sourit-il choisissant soigneusement ses mots.

Dispositif monté en trois jours

Arrivé en 2015 en France, il a d’abord rêvé de Londres et connu la « jungle » de Calais, avant d’opter pour la France et de s’ennuyer un an et trois mois dans le Centre d’accueil et d’orientation (CAO) de Varennes-sur-Allier. Sa « chance », a été le terrible incendie qui a fait disparaître le camp de Grande-Synthe en une nuit le 10 avril, et laissé 1 000 Kurdes sans refuge.

A ce moment-là, le préfet de l’Allier, solidaire de la catastrophe, a battu le rappel pour trouver des lits. C’est lorsque l’AFPA de Montluçon lui en a proposé, que Pascal Sanjuan a imaginé un dispositif lui permettant à la fois d’être solidaire de la catastrophe de Grande-Synthe et d’améliorer l’intégration d’une partie des 60 réfugiés bloqués dans le CAO de Varenne-sur- Allier faute d’une autonomie linguistique suffisante.

« Plutôt qu’installer les demandeurs d’asile de Grande-Synthe dans un centre de formation, ce qui n’avait pas grand sens, j’ai estimé plus adapté de les installer, eux, dans le centre d’accueil de Varenne, habitué à ce public et d’utiliser les places AFPA pour mes réfugiés de Varenne, à qui il fallait un vrai coup de pouce avant de pouvoir se débrouiller seuls dans la vie », rappelle le haut fonctionnaire. Le « SAS intégration » de Montluçon – s’inspirant du dispositif Structure d’aide à la scolarité (SAS) de l’éducation nationale –, structure expérimentale qui s’ajoute à quelques autres, (notamment dans les Hauts-de-France), était né !

À l’AFPA, on se souviendra longtemps de ce week-end de Pâques 2017 où il a fallu en trois jours construire un dispositif avec hébergement, accompagnement social, formation au français et à un métier. Défi relevé, puisque le directeur départemental, Jean-Nathanaël Foulquier a pu accueillir Safi, Mohamad et les autres, trente heures après la commande préfectorale.

Son dispositif SAS met en œuvre les grands principes que l’OCDE a édictés en 2016 sous le titre de Clés pour l’intégration. Une plaquette rappelant qu’« il est nécessaire de renforcer la prestation de services comme le logement, le soutien psychologique, la formation linguistique et l’évaluation des compétences, ainsi que l’accès à l’éducation et aux soins de santé » rappelle ces recommandations qui ne vont pas encore de soi pour les pays d’accueil, dont la France. A petite échelle, et à titre expérimental, c’est pourtant ce que l’Allier a mis en place.

« Courage » et « reconnaissance pour ce qu’ils ont appris »

Et après trois mois, dans leur immense atelier, Abdellah l’Erythréen, Mohamad le Soudanais, Khan Agha et Kholam Nabi, les Afghans, s’entraînent à la technique de l’enduit après avoir monté chacun un muret de parpaing. Frédéric Laygue, leur formateur, a l’œil sur leurs gestes et l’exigence d’un ex-artisan pour qui chaque détail compte. Ce pro du bâtiment les remet à flot sur les bases de la maçonnerie et partage l’avis de Jean-Nathanaël Foulquier pour qui « Demain, les entreprises s’arracheront ces profils qui mettent au travail le même courage dont ils ont fait preuve durant leur parcours à travers l’Europe ».

Frédéric Laygue opine du chef à ces mots et s’avoue même touché par leur « poignée de main franche du soir qui dit pudiquement leur reconnaissance pour ce qu’ils ont appris ». Un geste simple, qu’il croyait perdu et a plaisir à retrouver avec ce public nouveau pour lui.

Kholam Nabi,un réfugié afghan, pendant une formation professionnelle à l’AFPA de Montluçon (Allier), le 25 juillet.

Comme pour tous ses stagiaires, l’AFPA trouve un financement auprès des professionnels pour chaque formation. « Pôle emploi, lui, prend en charge 200 heures de français par réfugié, soit autant que ce que leur accorde la France à la signature de leur contrat d’intégration. Après, la Fédération française du bâtiment est prête à embaucher ici 60 personnes dont une partie de réfugiés ; la restauration cherche elle aussi des aides-cuisiniers et tout récemment, le patron d’une chaîne de garages est venu nous voir, car il a aussi des besoins non pourvus », se félicite le directeur départemental, qui va ouvrir des remises à niveau en mécanique et cuisine dès janvier 2018.

Le tissu économique régional devrait permettre d’intégrer les vingt premiers élus du SAS. De soudeur à peintre en passant par magasinier ou agent de contrôle technique automobile, douze voies leur sont offertes au choix sur les six hectares du site, à laquelle s’ajoute la maçonnerie dans laquelle Mohamad et ses amis sont déjà engagés.

Actualités régionales, Scrabble, réparation de vélos…

Si le chemin de l’intégration passe par la langue et l’acquisition d’un métier, il emprunte aussi des voies plus informelles sur lesquelles les animateurs du lieu les emmènent. « Tous les soirs, on regarde ensemble les actualités régionales à la télé, rappelle Régis de Lio, éducateur pour l’AFPA. Ensuite, on débat d’un sujet, pour travailler leur français en découvrant la région », insiste celui qui organise aussi des soirées Scrabble et des concours de pétanque.

D’ailleurs, pour ce sport – prétexte à leur raconter Marseille, sa ville natale – Régis de Lio a inventé la « doublette intégrative » qui se compose obligatoirement d’un réfugié et d’un des 67 stagiaires français de l’AFPA en reconversion ou en formation sur le même site, logés dans le même immeuble. Mélange vertueux qui a permis à l’animateur de ne plus jamais réentendre de « Vive Marine », comme celui qui a résonné dans un des couloirs du foyer au moment de l’arrivée de ce nouveau public.

L’atelier de réparation des vélos, imaginé lui aussi par l’animateur afin de retaper les deux-roues achetés par les réfugiés sur le Bon Coin avec leur RSA, a aussi enregistré le coup de main et le savoir-faire de quelques stagiaires soudeurs qui n’étaient pourtant pas parmi les plus ravis de cette venue.

Autre volet incontournable pour pouvoir avancer seul en France, Marie-Laure Robin, animatrice, pour l’association Viltaïs, leur explique les arcanes de l’administration française. Un programme bien chargé, avec une jolie série d’obstacles à franchir… Mais les vingt réfugiés du SAS ont tellement hâte de se réinscrire dans une vie « normale », que cette adversité ne les impressionne pas vraiment, heureux qu’ils sont de bénéficier de ce dispositif qui reste expérimental et local. Car si l’intégration des immigrés figurait en bonne place dans le programme présidentiel d’Emmanuel Macron, l’accent mis sur ce point dans le programme gouvernemental annoncé le 12 juillet est loin d’épuiser le sujet.

Compte Rendu de la réunion « accueil des réfugiés à Montcuq » du 16 octobre 2015

Participants ; environ 30 personnes ; beaucoup de nouveaux participants par rapport a la première réunion (voir liste des contacts).

Introduction :

Emmanuelle Garralon ouvre la réunion par  un rappel bref de la réunion précédente dont le point central était la visite de M. Olivier François, directeur du CADDA du Lot qui a expose les grandes lignes de la politique d’accueil des demandeurs d’asile et des réfugiés en France, ainsi que le rôle et le fonctionnement du CADDA  (voir le CR du 1.10.2015) .

Elle introduit ensuite la liste des questions qui se posent afin de nous permettre de compléter nos informations et de poursuivre nos réflexions sur les objectifs que nous nous fixerons :

  • créer une association ou pas ?
  • faire la liste de nos savoir-faire afin de nous répartir les taches de la préparation d’un projet d’accueil ?

Elle demande a Maryel Janson de partager ses informations sur l’association AGIRabcd, basée a Cahors. Cette association qui a pour but d’aider a l’insertion sociale, comprend dans le Lot environ 20 membres retraites qui interviennent dans le social et la formation : alphabétisation, formation en Français langue étrangère, soutien scolaire, facilitation de l’insertion sociale : gestion d’un budget familial, accès aux mutuelles de santé, accompagnement administratif.

Emmanuelle rappelle ensuite les  points suivants :

  • Il n’y a pas d’arrivée de réfugiés  venant de pays en guerre (Syrie, Libye ou autres) pour le moment dans le Lot ;
  • Suite à l’appel lancé par la Préfecture, 10 communes, dont Cahors et Figeac, se sont inscrites pour  offrir des logements sociaux ;
  • le dispositif SOLIBAIL n’existe pas dans le Lot mais il pourrait être mis en place sous certaines conditions (voir les informations collectées par Hervé Guilleux sur ce sujet en fin de CR).
  • la Région a débloqué 1 million d’E pour l’aide aux réfugiés ; l’Etat annonce 1000 E d’aide par commune et par réfugié (????), la région s’engage à doubler ce montant.
  • les demandeurs d’asiles sont placés en centre d’accueil, si des places sont disponibles ; ils ont 1 mois pour présenter leur demande d’asile ; sommes-nous capables d’accueillir des demandeurs d’asile lorsqu’ils auront obtenu le statut de réfugiés ?

Un participant témoigne de son expérience passée de travailleur social auprès du CADDA du Lot et insiste sur les points suivants :

  • Les demandeurs sont souvent en situation de Veille sociale car ils doivent dans les 15 jours, déposer en Préfecture leurs empreintes pour que soient vérifiés les passages en Europe ;
  • Faute de places dans les 2 centres d’hébergement du CADA , Cahors et Figeac, le placement  des demandeurs en hébergement d’urgence est souvent la seule solution possible, ce qui  pose beaucoup de problèmes, notamment aux familles ;
  • Les procédures de demande d’asile sont lourdes et longues ; la demande et le récit de vie doivent être rédigés en français ; les demandeurs doivent se déplacer à Paris pour défendre leur dossier devant l’OFRAP.
  • La procédure française est violente du point de vue humain et il doute que le CADA du Lot soit capable d’accueillir de nombreux refugies ;
  • Pour lui, les premiers besoins des demandeurs d’asile sont le logement et les relations humaines; or, Montcuq est trop loin de la Préfecture pour que l’accompagnement se fasse dans des bonnes conditions ; il faut de la disponibilité et de la bienveillance  certes, mais la distance peut rapidement devenir pesante et il faut durer dans l’accompagnement.
  • Dans le Lot, certaines demandes ont pris 5 ans avant d’aboutir alors que la moyenne est souvent de 2 ans. Les demandeurs d’asile venant d’un pays en guerre devraient voir leur demande aboutir plus rapidement, mais c’est loin d’être sur.

Quelle est la position du Maire de Montcuq ?

·         Le CM na pas répondu a la demande de la Préfecture et informe, le Maire  attend un projet de notre part pour prendre position. Nous pouvons donc être une force de proposition.

Le CCAS (Commission communale d’action sociale)  peut-il intervenir ?

Selon plusieurs participants  ayant de l’expérience, il manque de moyens et ne peut envisager aucune action inscrite dans la durée et demandant de la disponibilité.

Existe-t-il des possibilités de logement à Montcuq ?

La maison de la perception sera libre a partir de janvier 2016 et conviendrait pour 2 familles ;  le propriétaire de l’hôtel du Parc, participant à la réunion propose les 20 chambres de son hôtel pour un premier accueil.

Comment obtenir plus d’informations

En tant qu’élus, Emmanuelle Garralon et Jean-Pierre  Blanchou  se proposent de demander rendez-vous a Mme Lagarde (qui coordonne l’accueil des refugies syriens et libyens avec les autorités), après en avoir informe le Maire de Montcuq, afin d’obtenir les dernières informations suite à une réunion au niveau national.

Inventaire de nos moyens :

Emmanuelle Garralon propose une liste des besoins qui s’articulent autour de deux pôles : besoins fondamentaux : logement, meubles, équipement et linge de maison, vêtements, alimentation, soins de sante et scolarisation des enfants ; et démarches obligatoires : inscription en Préfecture et vérification d’empreintes, dossier de demandes d’asile, obtention des aides. A compléter au fur et à mesure du projet.

  • Commencer une liste des logements vide (chacun se renseigne de son côté)
  • L’enseignement du FLE sera pris en charge par l’Education nationale qui dispose de maitres de FLE ; Maryel Janson  est disponible pour se charger des adultes et coordonner cette action avec Agirabcd.
  • Simone Lagane informe qu’une traductrice assermentées d’arabe serait disponible comme interprète et traductrice; elle est syrienne et connait bien les dialectes et les diverses cultures de la région.
  • Les Restos du cœur peuvent fournir l’aide alimentaire.

Une nouvelle idée est proposée par Lucie Lagane :

Il serait possible de proposer <une nuit de répit> a des personnes en situation d’urgence et de besoin en les accueillant chez soi pour une soirée et une nuit afin de leur permettre de vivre un moment de convivialité et de partage ; l’idée est développée par Simone Lagane : pourquoi pas un week-end dans le même esprit ? Cette proposition a le mérite de s’adresser à d’autres personnes que des demandeurs d’asile, par exemple des jeunes mineurs isolés en formation dans le Lot.

Une association peut être le relais de cette proposition.

Les bonnes volontés, l’envie de vivre de façon solidaire étant manifeste, il est décidé  de réfléchir aux objectifs d’une future association ainsi qu’à d’autres pistes/idées d’actions solidaires d’accueil.

La prochaine réunion aura lieu après le rendez-vous avec Mme Lagarde et les vacances scolaires.

Annexe : informations collectées par Hervé Guilleux concernant le dispositif SOLIBAIL

M. Carneiro , de l’UDAF me précise qu’il n’y a pas actuellement de dispositif SOLIBAIL dans le Lot à proprement parlé . Par contre il existe un dispositif IML géré par l’UDAF (InterMédiation Logement).  L’UDAF, habituellement saisie par le SIAO  (service  intégré de l’accueil et de l’orientation), propose pendant dix huit mois  d’être locataire d’un logement  à la place d’une famille qui est alors sous locataire de l’UDAF. Au bout d’une durée de dix huit mois, le sous locataire prend le bail à sa charge et l’UDAF se retire.  Il ya donc un «  glissement » du bail de l’UDAF, vers la famille (ménage en difficulté pour l’UDAF). Pour être éligibles à ce dispositif, les ménages en difficulté doivent répondre à des critères précis :

·         Etre proches de l’autonomie sociale et financière

·         Etre orientés par un organisme  social (le fameux SIAO)

·         Le loyer n’excède pas 30% des  ressources du ménage .

Enfin cette prise en charge  n’est possible que pour 10 logements . (actuellement cinq déjà occupés par exemple).

La différence par rapport  à Solibail tient surtout en deux choses :

1.       Pas de remise en état du logement  à la fin du bail

2.       Glissement du bail de l’UDAF vers le sous locataire.

M. Carneiro me dit qu’il serait peut être possible de mettre en place le Solibail dans le Lot. Il faudrait s’adresser à un autre interlocuteur, PACT HABITAT à travers le PACTARIM (organisme semi public de l’habitat et du développement)/ Pact Habitat.

Pact Habitat indique qu’il faut prendre contact avec la Préfète si l’on souhaite mettre en place le dispositif Solibail.