Une bonne initiative pour que les réfugiés ne soient pas longtemps que des réfugiés.

L’Allier invente un SAS d’intégration des réfugiés

http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2017/08/08/l-allier-invente-un-sas-d-integration-des-refugies_5169849_1654200.html

Alors que le plan du 12 juillet sur les migrations contient un volet sur l’intégration des réfugiés, sur le terrain, des initiatives existent déjà, comme celle qu’a mise en place le préfet de l’Allier.

LE MONDE | 08.08.2017 à 06h37 • Mis à jour le 08.08.2017 à 07h03 | Par Maryline Baumard

A l’AFPA de Montluçon (Allier), un groupe de réfugiés et de stagiaires en formation de maçonnerie, le 25 juillet.

« Pas de français, pas de travail. Pas de travail, pas d’argent. Pas d’argent, pas de maison »… Scotché à l’entrée de l’Association pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) de Montluçon (Allier), le message rappelle aux vingt réfugiés du lieu la règle d’or de l’intégration. Ici, nul n’est censé ignorer que le chemin qui l’amènera à signer un bail en ville passe par un bon maniement de la langue.

Pas étonnant, dans ces conditions, que mardi 25 juillet, Safi, 24 ans, déborde de fierté en exhibant son niveau B1 de français. Un diplôme décroché la veille qui garantit que le jeune Afghan se débrouille dans sa vie quotidienne, s’exprime sur ses sujets familiers et ses domaines d’intérêt ; mais peut aussi décrire un espoir, un projet ou une idée.

S’il veut être un jour naturalisé français, il lui faudra le B2. Mais en attendant, depuis le 14 avril et son emménagement dans une petite chambre de 7 m2 du centre de formation, le réfugié a franchi un pas de géant. « Ma priorité c’est le français, pose-t-il. Pour m’installer et devenir électricien. En Afghanistan je bricolais un peu, mais là, je vais devenir un vrai professionnel », résume Safi, tout à cet horizon qui passe par l’apprentissage du français.

Pour cela, il multiplie les occasions de s’exprimer, comme la ronde du soir où il accompagne l’animateur, juste pour discuter en plus des cours de français du matin et le MOOC (formation via internet) qu’il suit l’après-midi. « Le soir, je suis épuisé. C’est très fatigant de faire autant d’heures de langue chaque jour », sourit-il choisissant soigneusement ses mots.

Dispositif monté en trois jours

Arrivé en 2015 en France, il a d’abord rêvé de Londres et connu la « jungle » de Calais, avant d’opter pour la France et de s’ennuyer un an et trois mois dans le Centre d’accueil et d’orientation (CAO) de Varennes-sur-Allier. Sa « chance », a été le terrible incendie qui a fait disparaître le camp de Grande-Synthe en une nuit le 10 avril, et laissé 1 000 Kurdes sans refuge.

A ce moment-là, le préfet de l’Allier, solidaire de la catastrophe, a battu le rappel pour trouver des lits. C’est lorsque l’AFPA de Montluçon lui en a proposé, que Pascal Sanjuan a imaginé un dispositif lui permettant à la fois d’être solidaire de la catastrophe de Grande-Synthe et d’améliorer l’intégration d’une partie des 60 réfugiés bloqués dans le CAO de Varenne-sur- Allier faute d’une autonomie linguistique suffisante.

« Plutôt qu’installer les demandeurs d’asile de Grande-Synthe dans un centre de formation, ce qui n’avait pas grand sens, j’ai estimé plus adapté de les installer, eux, dans le centre d’accueil de Varenne, habitué à ce public et d’utiliser les places AFPA pour mes réfugiés de Varenne, à qui il fallait un vrai coup de pouce avant de pouvoir se débrouiller seuls dans la vie », rappelle le haut fonctionnaire. Le « SAS intégration » de Montluçon – s’inspirant du dispositif Structure d’aide à la scolarité (SAS) de l’éducation nationale –, structure expérimentale qui s’ajoute à quelques autres, (notamment dans les Hauts-de-France), était né !

À l’AFPA, on se souviendra longtemps de ce week-end de Pâques 2017 où il a fallu en trois jours construire un dispositif avec hébergement, accompagnement social, formation au français et à un métier. Défi relevé, puisque le directeur départemental, Jean-Nathanaël Foulquier a pu accueillir Safi, Mohamad et les autres, trente heures après la commande préfectorale.

Son dispositif SAS met en œuvre les grands principes que l’OCDE a édictés en 2016 sous le titre de Clés pour l’intégration. Une plaquette rappelant qu’« il est nécessaire de renforcer la prestation de services comme le logement, le soutien psychologique, la formation linguistique et l’évaluation des compétences, ainsi que l’accès à l’éducation et aux soins de santé » rappelle ces recommandations qui ne vont pas encore de soi pour les pays d’accueil, dont la France. A petite échelle, et à titre expérimental, c’est pourtant ce que l’Allier a mis en place.

« Courage » et « reconnaissance pour ce qu’ils ont appris »

Et après trois mois, dans leur immense atelier, Abdellah l’Erythréen, Mohamad le Soudanais, Khan Agha et Kholam Nabi, les Afghans, s’entraînent à la technique de l’enduit après avoir monté chacun un muret de parpaing. Frédéric Laygue, leur formateur, a l’œil sur leurs gestes et l’exigence d’un ex-artisan pour qui chaque détail compte. Ce pro du bâtiment les remet à flot sur les bases de la maçonnerie et partage l’avis de Jean-Nathanaël Foulquier pour qui « Demain, les entreprises s’arracheront ces profils qui mettent au travail le même courage dont ils ont fait preuve durant leur parcours à travers l’Europe ».

Frédéric Laygue opine du chef à ces mots et s’avoue même touché par leur « poignée de main franche du soir qui dit pudiquement leur reconnaissance pour ce qu’ils ont appris ». Un geste simple, qu’il croyait perdu et a plaisir à retrouver avec ce public nouveau pour lui.

Kholam Nabi,un réfugié afghan, pendant une formation professionnelle à l’AFPA de Montluçon (Allier), le 25 juillet.

Comme pour tous ses stagiaires, l’AFPA trouve un financement auprès des professionnels pour chaque formation. « Pôle emploi, lui, prend en charge 200 heures de français par réfugié, soit autant que ce que leur accorde la France à la signature de leur contrat d’intégration. Après, la Fédération française du bâtiment est prête à embaucher ici 60 personnes dont une partie de réfugiés ; la restauration cherche elle aussi des aides-cuisiniers et tout récemment, le patron d’une chaîne de garages est venu nous voir, car il a aussi des besoins non pourvus », se félicite le directeur départemental, qui va ouvrir des remises à niveau en mécanique et cuisine dès janvier 2018.

Le tissu économique régional devrait permettre d’intégrer les vingt premiers élus du SAS. De soudeur à peintre en passant par magasinier ou agent de contrôle technique automobile, douze voies leur sont offertes au choix sur les six hectares du site, à laquelle s’ajoute la maçonnerie dans laquelle Mohamad et ses amis sont déjà engagés.

Actualités régionales, Scrabble, réparation de vélos…

Si le chemin de l’intégration passe par la langue et l’acquisition d’un métier, il emprunte aussi des voies plus informelles sur lesquelles les animateurs du lieu les emmènent. « Tous les soirs, on regarde ensemble les actualités régionales à la télé, rappelle Régis de Lio, éducateur pour l’AFPA. Ensuite, on débat d’un sujet, pour travailler leur français en découvrant la région », insiste celui qui organise aussi des soirées Scrabble et des concours de pétanque.

D’ailleurs, pour ce sport – prétexte à leur raconter Marseille, sa ville natale – Régis de Lio a inventé la « doublette intégrative » qui se compose obligatoirement d’un réfugié et d’un des 67 stagiaires français de l’AFPA en reconversion ou en formation sur le même site, logés dans le même immeuble. Mélange vertueux qui a permis à l’animateur de ne plus jamais réentendre de « Vive Marine », comme celui qui a résonné dans un des couloirs du foyer au moment de l’arrivée de ce nouveau public.

L’atelier de réparation des vélos, imaginé lui aussi par l’animateur afin de retaper les deux-roues achetés par les réfugiés sur le Bon Coin avec leur RSA, a aussi enregistré le coup de main et le savoir-faire de quelques stagiaires soudeurs qui n’étaient pourtant pas parmi les plus ravis de cette venue.

Autre volet incontournable pour pouvoir avancer seul en France, Marie-Laure Robin, animatrice, pour l’association Viltaïs, leur explique les arcanes de l’administration française. Un programme bien chargé, avec une jolie série d’obstacles à franchir… Mais les vingt réfugiés du SAS ont tellement hâte de se réinscrire dans une vie « normale », que cette adversité ne les impressionne pas vraiment, heureux qu’ils sont de bénéficier de ce dispositif qui reste expérimental et local. Car si l’intégration des immigrés figurait en bonne place dans le programme présidentiel d’Emmanuel Macron, l’accent mis sur ce point dans le programme gouvernemental annoncé le 12 juillet est loin d’épuiser le sujet.

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Compte Rendu de la réunion « accueil des réfugiés à Montcuq » du 16 octobre 2015

Participants ; environ 30 personnes ; beaucoup de nouveaux participants par rapport a la première réunion (voir liste des contacts).

Introduction :

Emmanuelle Garralon ouvre la réunion par  un rappel bref de la réunion précédente dont le point central était la visite de M. Olivier François, directeur du CADDA du Lot qui a expose les grandes lignes de la politique d’accueil des demandeurs d’asile et des réfugiés en France, ainsi que le rôle et le fonctionnement du CADDA  (voir le CR du 1.10.2015) .

Elle introduit ensuite la liste des questions qui se posent afin de nous permettre de compléter nos informations et de poursuivre nos réflexions sur les objectifs que nous nous fixerons :

  • créer une association ou pas ?
  • faire la liste de nos savoir-faire afin de nous répartir les taches de la préparation d’un projet d’accueil ?

Elle demande a Maryel Janson de partager ses informations sur l’association AGIRabcd, basée a Cahors. Cette association qui a pour but d’aider a l’insertion sociale, comprend dans le Lot environ 20 membres retraites qui interviennent dans le social et la formation : alphabétisation, formation en Français langue étrangère, soutien scolaire, facilitation de l’insertion sociale : gestion d’un budget familial, accès aux mutuelles de santé, accompagnement administratif.

Emmanuelle rappelle ensuite les  points suivants :

  • Il n’y a pas d’arrivée de réfugiés  venant de pays en guerre (Syrie, Libye ou autres) pour le moment dans le Lot ;
  • Suite à l’appel lancé par la Préfecture, 10 communes, dont Cahors et Figeac, se sont inscrites pour  offrir des logements sociaux ;
  • le dispositif SOLIBAIL n’existe pas dans le Lot mais il pourrait être mis en place sous certaines conditions (voir les informations collectées par Hervé Guilleux sur ce sujet en fin de CR).
  • la Région a débloqué 1 million d’E pour l’aide aux réfugiés ; l’Etat annonce 1000 E d’aide par commune et par réfugié (????), la région s’engage à doubler ce montant.
  • les demandeurs d’asiles sont placés en centre d’accueil, si des places sont disponibles ; ils ont 1 mois pour présenter leur demande d’asile ; sommes-nous capables d’accueillir des demandeurs d’asile lorsqu’ils auront obtenu le statut de réfugiés ?

Un participant témoigne de son expérience passée de travailleur social auprès du CADDA du Lot et insiste sur les points suivants :

  • Les demandeurs sont souvent en situation de Veille sociale car ils doivent dans les 15 jours, déposer en Préfecture leurs empreintes pour que soient vérifiés les passages en Europe ;
  • Faute de places dans les 2 centres d’hébergement du CADA , Cahors et Figeac, le placement  des demandeurs en hébergement d’urgence est souvent la seule solution possible, ce qui  pose beaucoup de problèmes, notamment aux familles ;
  • Les procédures de demande d’asile sont lourdes et longues ; la demande et le récit de vie doivent être rédigés en français ; les demandeurs doivent se déplacer à Paris pour défendre leur dossier devant l’OFRAP.
  • La procédure française est violente du point de vue humain et il doute que le CADA du Lot soit capable d’accueillir de nombreux refugies ;
  • Pour lui, les premiers besoins des demandeurs d’asile sont le logement et les relations humaines; or, Montcuq est trop loin de la Préfecture pour que l’accompagnement se fasse dans des bonnes conditions ; il faut de la disponibilité et de la bienveillance  certes, mais la distance peut rapidement devenir pesante et il faut durer dans l’accompagnement.
  • Dans le Lot, certaines demandes ont pris 5 ans avant d’aboutir alors que la moyenne est souvent de 2 ans. Les demandeurs d’asile venant d’un pays en guerre devraient voir leur demande aboutir plus rapidement, mais c’est loin d’être sur.

Quelle est la position du Maire de Montcuq ?

·         Le CM na pas répondu a la demande de la Préfecture et informe, le Maire  attend un projet de notre part pour prendre position. Nous pouvons donc être une force de proposition.

Le CCAS (Commission communale d’action sociale)  peut-il intervenir ?

Selon plusieurs participants  ayant de l’expérience, il manque de moyens et ne peut envisager aucune action inscrite dans la durée et demandant de la disponibilité.

Existe-t-il des possibilités de logement à Montcuq ?

La maison de la perception sera libre a partir de janvier 2016 et conviendrait pour 2 familles ;  le propriétaire de l’hôtel du Parc, participant à la réunion propose les 20 chambres de son hôtel pour un premier accueil.

Comment obtenir plus d’informations

En tant qu’élus, Emmanuelle Garralon et Jean-Pierre  Blanchou  se proposent de demander rendez-vous a Mme Lagarde (qui coordonne l’accueil des refugies syriens et libyens avec les autorités), après en avoir informe le Maire de Montcuq, afin d’obtenir les dernières informations suite à une réunion au niveau national.

Inventaire de nos moyens :

Emmanuelle Garralon propose une liste des besoins qui s’articulent autour de deux pôles : besoins fondamentaux : logement, meubles, équipement et linge de maison, vêtements, alimentation, soins de sante et scolarisation des enfants ; et démarches obligatoires : inscription en Préfecture et vérification d’empreintes, dossier de demandes d’asile, obtention des aides. A compléter au fur et à mesure du projet.

  • Commencer une liste des logements vide (chacun se renseigne de son côté)
  • L’enseignement du FLE sera pris en charge par l’Education nationale qui dispose de maitres de FLE ; Maryel Janson  est disponible pour se charger des adultes et coordonner cette action avec Agirabcd.
  • Simone Lagane informe qu’une traductrice assermentées d’arabe serait disponible comme interprète et traductrice; elle est syrienne et connait bien les dialectes et les diverses cultures de la région.
  • Les Restos du cœur peuvent fournir l’aide alimentaire.

Une nouvelle idée est proposée par Lucie Lagane :

Il serait possible de proposer <une nuit de répit> a des personnes en situation d’urgence et de besoin en les accueillant chez soi pour une soirée et une nuit afin de leur permettre de vivre un moment de convivialité et de partage ; l’idée est développée par Simone Lagane : pourquoi pas un week-end dans le même esprit ? Cette proposition a le mérite de s’adresser à d’autres personnes que des demandeurs d’asile, par exemple des jeunes mineurs isolés en formation dans le Lot.

Une association peut être le relais de cette proposition.

Les bonnes volontés, l’envie de vivre de façon solidaire étant manifeste, il est décidé  de réfléchir aux objectifs d’une future association ainsi qu’à d’autres pistes/idées d’actions solidaires d’accueil.

La prochaine réunion aura lieu après le rendez-vous avec Mme Lagarde et les vacances scolaires.

Annexe : informations collectées par Hervé Guilleux concernant le dispositif SOLIBAIL

M. Carneiro , de l’UDAF me précise qu’il n’y a pas actuellement de dispositif SOLIBAIL dans le Lot à proprement parlé . Par contre il existe un dispositif IML géré par l’UDAF (InterMédiation Logement).  L’UDAF, habituellement saisie par le SIAO  (service  intégré de l’accueil et de l’orientation), propose pendant dix huit mois  d’être locataire d’un logement  à la place d’une famille qui est alors sous locataire de l’UDAF. Au bout d’une durée de dix huit mois, le sous locataire prend le bail à sa charge et l’UDAF se retire.  Il ya donc un «  glissement » du bail de l’UDAF, vers la famille (ménage en difficulté pour l’UDAF). Pour être éligibles à ce dispositif, les ménages en difficulté doivent répondre à des critères précis :

·         Etre proches de l’autonomie sociale et financière

·         Etre orientés par un organisme  social (le fameux SIAO)

·         Le loyer n’excède pas 30% des  ressources du ménage .

Enfin cette prise en charge  n’est possible que pour 10 logements . (actuellement cinq déjà occupés par exemple).

La différence par rapport  à Solibail tient surtout en deux choses :

1.       Pas de remise en état du logement  à la fin du bail

2.       Glissement du bail de l’UDAF vers le sous locataire.

M. Carneiro me dit qu’il serait peut être possible de mettre en place le Solibail dans le Lot. Il faudrait s’adresser à un autre interlocuteur, PACT HABITAT à travers le PACTARIM (organisme semi public de l’habitat et du développement)/ Pact Habitat.

Pact Habitat indique qu’il faut prendre contact avec la Préfète si l’on souhaite mettre en place le dispositif Solibail.

Compte Rendu de la réunion « accueil des réfugiés à Montcuq »

Ce jeudi 1er octobre a eu lieu à Montcuq la première réunion publique concernant l’accueil de réfugiés sur notre territoire local. Environ 25 personnes étaient présentes et de nombreux autres se sont excusés de ne pouvoir venir mais souhaitent être informés.

M. François, Directeur du CEIIS du Lot, association en charge du CADA (centre d’accueil des demandeurs d’asile) de Cahors, avait été convié pour fournir des informations précises sur la situation.

En introduction, il a été rappelé les éléments suivants :

  • L’initiative de cette réunion émane d’une poignée de citoyens qui souhaitent agir de manière solidaire avec les populations en détresse qui n’ont pas d’autre choix que l’exil. Le conseil municipal a été informé de l’initiative et le maire s’est montré favorable à une réflexion sur le sujet mais attend des instructions plus précises de la préfecture.
  • L’accueil de réfugies ne se limite pas au logement, c’est un accompagnement global qui doit être envisagé par la suite : scolarité, démarches administratives, nourriture et vêtements, langue, mobilité, soins médicaux … C’est dans ce sens que le projet doit se construire pour ne pas être dans l’urgence mais bien dans une logique d’intégration des futurs réfugiés à notre communauté.

Rappel d’une expérience similaire à Montcuq lors de la guerre en Yougoslavie.

Simone Lagane a rappelé qu’une expérience similaire avait eu lieu entre 1992 et 1994 où une famille bosniaque avait été accueillie à Montcuq. 120 personnes s’était alors mobilisées sous l’égide d’une association « Quercy Blanc Solidarité ». L’expérience ne fut pas simple mais concluante puisque la famille a finalement obtenu le statut de réfugié et qu’elle s’est installée à Montauban en gardant contact avec ses hôtes montcuquois.

Dans l’assistance, une personne témoigne qu’elle a sollicité d’autres communes et que c’est finalement Montcuq qui est la première commune des environs à se mobiliser.

Intervention de M. Olivier FRANCOIS, directeur du CEIIS du Lot

(Comité d’Etudes et d’Informations pour l’insertion Sociale, Cajarc – Lot,  http://ceiis.fr/)

Le CEIIS est en charge du CADA, Centre d’Accueil pour les Demandeurs d’Asiles, une structure de 81 places consacrées exclusivement aux demandeurs en cours de procédure, sur décision de l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration (OFII).

M. François nous rappelle la définition de réfugié selon l’OFPRA : c’est une personne en danger dans son pays.

Définition officielle de l’OFPRA : « le terme de réfugié s’applique à toute personne craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a  et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays; ou qui, si elle n’a pas de nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle à la suite de tels évènements, ne peut ou, en raison de ladite crainte, ne veut y retourner ».

La Syrie étant un pays en guerre, il indique que 100% des migrants venus de Syrie, sous réserve de vérification de leur nationalité et de leur non appartenance à un groupe terroriste, pourront être considérés comme des réfugiés. Mais il précise que le traitement doit rester équitable entre tous les réfugiés, quelque soit leur pays d’origine.

Résumé de la procédure d’obtention de l’asile politique par M. François :

Un demandeur d’asile doit se présenter à l’OFI ( Office Français de l’Intégration, http://www.ofii.fr/) qui a trois semaines pour recueillir le récit des personnes et de s’assurer de leur identité.

Ces personnes obtiennent alors une autorisation provisoire de séjour (APS) valable un mois et le statut de demandeur d’asile qui donne droit :

  • à l’hébergement dans un CADA et une allocation temporaire de subsistance (91 à 718€ selon la composition de la famille) ou, à défault, une allocation temporaire d’attente (11,35 € par jour par adulte)
  • à l’aide médicale d’Etat (AME) accordant une couverture médicale minimum
  • à la scolarisation des enfants.

Comme les pays d’entrée en Europe sont débordés, des accords sont en cours pour prévoir que les demandes d’asile puissent se faire dans d’autres pays.

C’est ensuite l’OFPRA ( Office français de protection des réfugiés et apatrides , https://www.ofpra.gouv.fr/ ) qui enquête sur le risque réel dans leur pays d’origine. Après une audition les services de l’OFPRA à Paris, des candidats obtiennent soit l’asile, soit sont déboutés et doivent quitter le territoire dans le mois qui suit.

Pendant toute la durée d’attente de l’instruction du dossier, les demandeurs n’ont pas le droit de travailler mais ils profitent généralement de ce temps pour apprendre le français et le fonctionnement du pays. Nombreux sont ceux qui font du bénévolat dans les associations caritatives, ce qui leur permet de pratiquer la langue, maintenir une activité et faire des connaissances.

Toute la procédure est détaillée sur le site de l’OFPRA : https://www.ofpra.gouv.fr/fr/asile/la-procedure-de-demande-d-asile/demander-l-asile-en-france

Quels sont les actions que peuvent mener des citoyens 

M. François apporte les précisions suivantes : à ce stade, il y a plusieurs types d’engagement possible pour nous, citoyens :

  • Convaincre la municipalité de s’engager dans une démarche de solidarité
  • Identifier des logements : le gouvernement privilégie d’abord l’hébergement des demandeurs d’asile dans les CADA, puis sollicite les municipalités pour un accès à des logements sociaux vacants. Le recours aux particuliers se fera de manière plus exceptionnelle car l’accueil est une charge lourde et la durée est indéterminée. Un logement isolé en campagne ne sera sans doute pas retenu car cela pose des problèmes de mobilité.
  • TOUTES LES DEMARCHES DOIVENT ABSOLUMENT PASSER PAR LA MAIRIE QUI FAIT LE LIEN AVEC LA PREFECTURE. C’est la procédure qui a été mise en place par le gouvernement pour coordonner les initiatives. Le coordonateur dans le Lot au niveau de la Préfecture est M. Lacouture (Directeur de cabinet de la Préfète) et Mme Lagarde pour le Conseil Départemental.
  •  Les particuliers peuvent se mobiliser pour apporter des aides sur le mobilier, la nourriture, les vêtements … que ce soit pour venir en aide à une famille située dans le village ou bien dans d’autres lieux du Lot.
  • La traduction et l’apprentissage du français sont des aspects indispensables de l’accueil (exemple association AGIR ABCD à Cahors, http://www.agirabcd.fr/ , avec des personnes qualifiées FLE, Français Langue Etrangère)
  • Le transport …

Mais M. François insiste sur le fait que toute action doit être relayé par la Mairie vers la Préfecture. Les individus ou associations ne pourront pas être les interlocuteurs directs de la Préfecture.

Dans le Lot, 10 communes de toutes tailles se sont déjà portées candidates  à l’accueil des demandeurs d’asile, notamment Latronquière, Cremps, Figeac et Cahors.

La question se pose dans l’assemblée de savoir s’il faut ou non créer une association pour mener ce projet ? C’est un point qui reste à discuter.

Demandeurs d’asile ou Réfugiés ?

M. François précise que les demandeurs d’asile sont généralement bien pris en charge par les services de l’Etat grâce au réseau des CADA. Ils bénéficient d’un cadre réglementaire bien rodé. En revanche, lorsque les demandeurs d’asile obtiennent le statut de réfugiés, ils ont trois mois pour quitter l’hébergement en CADA et trouver leur propre hébergement. Le statut de réfugié leur ouvre l’accès au droit commun : prestations familiales, RSA, CMU comme tous les résidents français. Mais c’est souvent une période difficile pour les réfugiés car ils se retrouvent livrés à eux-mêmes.

Dans l’Assemblée, quelqu’un pose la question de savoir quel est le public que nous devons « cibler » pour notre projet : les demandeurs d’asile, relativement bien pris en charge par l’Etat, ou bien les personnes ayant obtenu le statut de réfugié ?

Question sur le nombre actuel et à venir des réfugiés.

M. François indique qu’il n’y a pas encore de chiffres concernant le nombre de personnes qui vont demander l’asile politique, seuls 24 000 sont annoncés sur l’ensemble du territoire, ce qui semble très peu. A sa connaissance, il n’y a pas de réfugiés arrivés dans le Lot.

Il précise que la couverture médiatique de l’arrivée des réfugiés et les événements au Proche Orient mobilisent les citoyens, mobilisation dont il faut profiter pour agir efficacement. Il craint qu’avec le temps, la mobilisation ne devienne de moins e moins forte.

Une personne dans l’assemblée fait remarquer que, aux vues d’une guerre qui ne finira sans doute malheureusement pas demain, des drames politiques, écologiques et environnementaux dans d’autres pays, l’afflux de réfugiés ne risque pas de se tarir. Il vaut mieux se préparer à les accueillir dans de bonnes conditions. Nos campagnes se vident, il faut le prendre comme une opportunité de dynamisme et de développement que nous recherchons.

Conclusion

Il a été convenu avec toutes les personnes présentes qu’il serait nécessaire de faire une nouvelle réunion dans les jours à venir pour réfléchir plus en détail sur le projet. Une date sera donc fixée et envoyée à tous les participants, ainsi qu’aux personnes qui ont manifesté le souhait d’être informé.

Accueil des réfugiés : les réponses aux questions que vous vous posez

Extrait d’un article de FranceTVInfo répondant à quelques questions les plus courantes au sujet de l’accueil des réfugiés.

« Les migrants fuient-ils tous des pays en guerre ? »

Il faut faire la distinction entre les migrants et les réfugiés. Le terme « migrant » désigne « une personne qui, née dans un pays, vit dans un autre pour une durée d’un an ou plus », comme l’expliquait une spécialiste des migrations à francetv info. Les réfugiés (qui sont inclus dans la catégorie « migrants ») sont toutes les personnes persécutées ou craignant de l’être dans leur pays, en raison de leurs origines, de leur religion ou de leurs opinions politiques. C’est un statut défini par la convention de Genève.

Le pays d’où sont arrivés le plus de demandeurs d’asile en Europe cette année est la Syrie, où la guerre a fait plus de 250 000 morts en quatre ans. Les Syriens, comme les Irakiens, vivent également sous la menace du groupe Etat islamique. La situation n’est pas plus réjouissante en Erythrée, un régime totalitaire où le service militaire est obligatoire et illimité ; en Somalie, où sévissent les islamistes shebabs ; au Soudan et au Soudan du Sud, en guerre depuis l’indépendance de ce dernier en 2011. Autant de pays qui ne sont pas considérés comme « sûrs » par la France, et qui sont les principaux pays d’origine des demandeurs d’asile. Ce qui n’exclut pas des migrations aux motifs économiques, ni des situations d’entre-deux.

« Y a-t-il des ‘terroristes déguisés’ parmi les migrants et les réfugiés ? »

[…]Tout d’abord, aucun des auteurs d’attentats ou de tentatives d’attentats en France ces dernières années n’est originaire de ces pays : tous résidaient en Europe. Certains se sont rendus, ou sont soupçonnés de s’être rendus en Syrie pour rejoindre les jihadistes, mais ils ont regagné l’Europe par des moyens conventionnels.

« N’est-il pas possible de résoudre cette crise en soutenant Bachar Al-Assad en Syrie, ou en le renversant ? »

La situation syrienne semble aujourd’hui dans une impasse. Le régime de Bachar Al-Assad contrôle un territoire de moins en moins important, mais n’a pas perdu le soutien de ses alliés iraniens et russes. Ces derniers, selon le New York Times, ont même récemment accentué leur aide militaire. Quant aux frappes aériennes de la coalition internationale, auxquelles la France envisage de participer, elles ne visent que les jihadistes de l’Etat islamique, adversaires d’Al-Assad. Pour autant, François Hollande a maintenu, lundi, que « la condition à un moment ou un autre » pour la résolution du conflit était « le départ de Bachar Al-Assad ».

Un spécialiste du Proche-Orient au Washington Institute, cité par l’agence Reuters, résume le casse-tête actuel : « Si Assad s’en va maintenant, cela profitera à l’EI, mais s’il ne s’en va pas, il n’y a aucun espoir de recoller à nouveau les morceaux de l’Etat syrien. » Et une très hypothétique reprise du pays par le régime ne convaincrait sans doute pas les quatre millions de Syriens exilés de rentrer chez eux.

« 24 000 réfugiés accueillis en France, c’est combien d’emplois en moins ? »

Personne ne sait avec certitude quels effets aura l’accueil de dizaines de milliers de migrants en France sur l’emploi. Mais, en 2014, le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii) estimait qu’une hausse de 10% de la part d’immigrés dans une catégorie de la population, à âge et compétence égale, faisait baisser de 3% le taux d’emploi des Français de cette catégorie. Mais la proportion de personnes qui doivent être accueillies en France est bien plus faible, de l’ordre de 4 réfugiés pour 10 000 Français, soit 0,04%.

L’évolution de la part d’immigrés en France entre 1990 et 2010 n’a pas eu d’effet sur le salaire moyen, constate également le Cepii : l’immigration aurait même un effet légèrement positif pour les salariés faiblement qualifiés (+0,5% sur cette période), mais légèrement négatif pour les salariés très qualifiés (-1,1%).

« Les réfugiés touchent-ils des allocations ? »

Les droits des réfugiés varient selon leur statut. A leur arrivée, ils sont considérés comme demandeurs d’asile, en attendant que l’Office français pour la protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) ne statue sur leur sort. Ils ont le droit soit à la couverture médicale universelle (CMU), soit à l’aide médicale d’Etat (AME). Leurs enfants peuvent être scolarisés à partir de 3 ans, et ont l’obligation de l’être entre 6 et 16 ans. S’ils sont pensionnaires de centres d’accueil, ils touchent une allocation mensuelle de subsistance, comprise entre 91 et 718 euros mensuels. Mais les places dans ces centres sont rares.

Les autres demandeurs d’asile, qui n’ont pas de place dans un centre, touchent l’allocation temporaire d’attente, d’un montant de 11,35 euros par jour, pendant toute la durée de leur procédure de demande d’asile. Un montant qui leur est nécessaire pour survivre, car les demandeurs d’asile n’ont le droit de travailler que si leur procédure est en cours depuis plus d’un an, même si des dérogations sont possibles.

Une fois l’asile obtenu, les réfugiés perdent leur droit aux allocations qui leur sont destinées, mais ils bénéficient des mêmes droits que les Français. Un récépissé portant la mention « reconnu réfugié » leur donne le droit de travailler, ainsi qu’aux prestations familiales et au RSA. Quand ils accèdent à un emploi, ils peuvent s’affilier à la Sécurité sociale. Ils ont aussi, sous condition de ressources, accès au logement social, et à des centres d’hébergement s’ils sont dans une situation jugée particulièrement vulnérable.

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Accueil de réfugiés à Montcuq

Nous sommes nombreux à avoir été interpellés par le drame humanitaire que représente l’arrivée massive de réfugiés vers l’Europe. Et nous sommes conscients que nous devons, face à cette situation, faire preuve de solidarité envers ces femmes, ces hommes et ces enfants dans la détresse.

AFP PHOTO / VALERY HACHE

Un grand nombre d’entre vous ont manifesté leur souhait de « faire quelque chose » à Montcuq. Et il est vrai qu’à l’échelle de notre commune, nous pourrions envisager de recevoir des familles et de leur proposer de bonnes conditions de vie … en attendant que la situation s’arrange dans leur pays (si elle s’arrange un jour !).

Nous vous invitons donc à venir échanger sur le sujet et construire un projet d’accueil lors d’une réunion d’information qui se tiendra jeudi 1er octobre à 18h30 à la salle associative (sous la médiathèque).
Chacun peut apporter sa pierre, alors venez nombreux !

La Rénouée, un projet de lieu partagé en Creuse, sur le même concept que la Maison pour Tous de Montcuq

getImageMiniaturePartout en France, des citoyens, des associations, des entrepreneurs prennent conscience de la nécessité de concevoir des lieux de vie et de travail différents, plus collaboratifs, ouverts à tous et mêlant plusieurs activités … particulièrement en zone rurale si l’on veut donner une nouvelle vitalité à nos villages.

Voici un exemple de projet en cours chez nos voisins corréziens : La Renouée*.
La Renoué est un projet local qui a pour ambition de développer un lieu de vie et d’activités au cœur du centre bourg de Gentioux-Pigerolles, 400 habitants !

Sous un même toit, La Renouée offrira :

  • de l’espace pour des activités économiques,
  • des bureaux partagés,
  • le dépôt-vente de La Bascule,
  • un logement pour accueillir des stagiaires,
  • des espaces associatifs et d’activités,
  • un coin enfants …

La liste n’est pas exhaustive : la bâtisse offre 320 mètres carrés sur quatre niveaux, ainsi qu’un bout de jardin, espace de sociabilité (estivale) par excellence. Un séchoir pour plantes médicinales et un cabinet de naturopathie sont envisagés au grenier, le sous-sol accueillerait  une brasserie artisanale, une salle polyvalente, un lieu de stockage et une laverie automatique. La Renouée serait un mix de pépinière d’entreprise et de centre social rural, bien dans l’esprit du plateau de Millevaches.

L’idée avait séduit l’ancienne municipalité de Gentioux mais la maîtrise d’ouvrage est finalement assurée par l’Arban, l’agence d’urbanisme rural basée à Faux-la-Montagne.

Le statut de L’Arban est celui d’une société coopérative d’intérêt coopératif (Scic) dont l’objet est justement de soutenir des projets à utilité sociale. L’investissement est financé par l’achat de parts sociales de la Scic L’Arban (sur une base de 150 euros). Le don simple est également possible à travers le Fonds de dotation La Solidaire.

La communauté de communes Creuse Grand Sud a d’ores et déjà manifesté son intérêt pour ce projet. Certaines communauté de communes savent prend le train en marche !!!

http://renouee.millevaches.net

*plante caractéristique des tourbières du plateau de Millevaches