Daniel Cueff, le maire breton qui invente le village de l’après-pétrole

https://www.lemonde.fr/festival/article/2019/06/19/daniel-cueff-le-maire-breton-qui-invente-le-village-de-l-apres-petrole_5478334_4415198.html

Comment vit-on lorsqu’on ne veut pas hypothéquer l’avenir des générations futures ? Dans le village breton de Langouët, un élu fait tout pour en faire un territoire 100 % écologique.

Par Publié aujourd’hui à 09h00, mis à jour à 15h47

Temps de Lecture 5 min.

Daniel Cueff, maire du village breton de Langouët, le 17 juin.
Daniel Cueff, maire du village breton de Langouët, le 17 juin. CAMILLE MICHEL POUR « LE MONDE »

La pièce est foisonnante. Sur les murs de bois, des affiches exposent en grand format divers projets dont on trouve les détails dans les piles de livres, schémas, plans d’urbanisme et autres documents administratifs qui jonchent la table de réunion. Ferme en permaculture, serres photovoltaïques, habitats légers, préservation des terres agricoles, voies piétonnes… A en croire les murs de son bureau, Daniel Cueff ne manque pas d’inspiration pour faire de son village une commune écologique.

Vingt ans que cet homme de 64 ans est à la tête de la mairie de Langouët (Ille-et-Vilaine) et de ses 600 habitants. Il ne lui a pas fallu plus de quelques années pour transformer ce petit territoire rural, situé à 20 kilomètres au nord de Rennes, en laboratoire à ciel ouvert de l’écologie sociale.

« Anticipation de l’avenir »

Ce jour-là, l’édile prépare la présentation de son dernier projet : l’installation d’un panneau solaire destiné à fournir de l’électricité verte à une partie des habitants. Les bâtiments publics de Langouët produisent déjà toute leur électricité. La nouvelle installation photovoltaïque, gérée par une association regroupant la mairie et les futurs consommateurs, sera un nouveau pas vers l’entière autonomie énergétique de ce petit village breton, que le maire souhaite atteindre d’ici dix ans.

Les bâtiments publics de Langouët produisent déjà toute leur électricité.
Les bâtiments publics de Langouët produisent déjà toute leur électricité. CAMILLE MICHEL POUR « LE MONDE »

« C’est une anticipation de l’avenir », explique Daniel Cueff, estimant nécessaire de produire localement ce qui est consommé localement. « L’autonomie n’est pas une politique d’autarcie, insiste cependant le maire. Nous devons juste prendre notre part aux évolutions d’un monde dont les modes de consommation et de production ne pourront pas durer. » Lui se dit convaincu que les solutions environnementales ne peuvent venir que des territoires, dont chacun aura à « s’adapter différemment », en fonction de ses caractéristiques propres, à un changement climatique qu’il juge « inéluctable ».

« Le climat nous imposera des changements, mais nous ne devons pas seulement avoir une politique de réaction, précise-t-il. Je souhaite que l’urgence climatique nous permette aussi de trouver des solutions au mieux vivre-ensemble. »

Daniel Cueff dans son jardin en permaculture.
Daniel Cueff dans son jardin en permaculture. CAMILLE MICHEL POUR « LE MONDE »

Territoire résistant à l’écologie

La politique ne fait pourtant pas partie de l’horizon de Daniel Cueff lorsqu’il s’installe à Langouët « un peu par hasard » en 1990. Un « concours de circonstances » le porte à la tête de la mairie en 1999, à la faveur d’une élection partielle. Cet écologiste convaincu – mais non encarté –, qui a fait ses armes contre le projet de centrale nucléaire à Plogoff à la fin des années 1970, arrive en terrain miné. Il raconte :

« Langouët était un territoire résistant au développement durable. Elle a été la première commune remembrée en 1984 ; l’agriculture laitière intensive est née ici, très peu de gens étaient sensibles à l’écologie. »

Lire la tribune de Noël Mamère : « L’écologie “identitaire”, conçue comme seule réponse, est un rêve irresponsable »

Pour contourner les résistances locales, il choisit de faire beaucoup, et de parler peu. Il faut avant tout montrer que les solutions écologiques sont applicables et crédibles, convaincre par l’expérience.

Premiers panneaux solaires installés sur des bâtiments publics en Bretagne en 2003

Sans grand discours ni communiqué de presse, il interdit dès 1999 l’usage des produits phytosanitaires pour l’entretien des espaces communaux, dix-huit ans avant que la loi l’interdise dans toute la France. Sous sa houlette, la mairie lance en 2003 la rénovation de l’école, reconstruite en pierre et en bois, munie d’un système de récupération des eaux de pluie, et premier bâtiment public de Bretagne à être équipé de panneaux solaires. En 2004, avant le Grenelle de l’environnement, il fait voter le passage à une cantine 100 % bio.

« Les élèves [quatre-vingt à Langouët] connaissent bien tous ces dispositifs et pratiquent très tôt le développement durable », explique Sylvain Fouré, directeur de l’école. « Grâce au travail de la mairie, la plupart des enfants font du compost chez eux, et presque 6 % des familles tentent de fonctionner en zéro déchet. »

La micro ferme, qui doit s’agrandir sur tout le terrain.
La micro ferme, qui doit s’agrandir sur tout le terrain. CAMILLE MICHEL POUR « LE MONDE »

« Précurseur de l’écologie sociale »

C’est également sous l’impulsion de Daniel Cueff qu’est construit à Langouët le premier écolotissement de Bretagne en 2005, suivi d’un deuxième en 2010. Tous les logements y sont chauffés au poêle à granulés et équipés de panneaux solaires pour chauffer l’eau. « Ce sont des maisons d’environ 100 m2 que les habitants chauffent pour 160 euros par an », ajoute Daniel Cueff en désignant les constructions de bois aux volets colorés situées au nord du village.

Ce sont aussi des logements en accession sociale à la propriété ou des HLM. Le maire et son équipe ont fait du village « un précurseur de l’écologie sociale », estime Mikael Laurent, coordinateur de Bruded, un réseau d’échanges d’expériences en urbanisme durable entre collectivités de la région, dont Langouët est un moteur.

Lire : Climat : « Le chaos n’est pas une fatalité, mais son évitement suppose un changement radical »

Daniel Cueff veut désormais aller plus loin, et impulser une politique à impact positif sur l’environnement. Les maisons des prochains éco-hameaux produiront plus d’énergie qu’elles n’en consommeront, leurs matériaux de construction biosourcés et réutilisables absorberont le CO2, et elles seront dotées de potagers en permaculture pour « réapprendre à travailler la terre » et « restaurer le lien entre production et consommation ».

Les écolotissement de Langouët, le 17 juin.
Les écolotissement de Langouët, le 17 juin. CAMILLE MICHEL POUR « LE MONDE »

Des obstacles encore insurmontables

Les habitants ne sont pas tenus éloignés de ces décisions, mais le maire ne leur laisse pas le choix quant au cadre 100 % écologique de sa politique. A Langouët, la démocratie n’est pas « participative », mais plutôt « collaborative », explique M. Cueff :

« L’équipe municipale fixe le cadre. Par exemple, construire un écoquartier à impact positif pour l’environnement et accessible aux moins aisés. Une fois ce cadre fixé, rien n’est directif, les habitants peuvent travailler avec les experts pour trouver les meilleures solutions de réalisation. »

« Daniel Cueff, c’est une main de velours dans un gant de fer », résume Mikael Laurent. A en croire les résultats électoraux du maire, réélu au premier tour en 2008 (68 % des voix) et en 2014 (78 % des voix), le système semble convaincre.

Cette politique écologique se heurte néanmoins à des obstacles qui rappellent, en creux, que Langouët ne peut pas tout inventer seul. Avec 90 % des habitants travaillant sur le bassin rennais, le village ne réussit pas à se passer des voitures ; et la mise à disposition d’une voiture électrique en autopartage ou encore le service intercommunal de location de vélos électriques n’y suffisent pas. « La mobilité reste un point noir », concède Daniel Cueff.

Lire : Elections européennes 2019 : « Les Verts doivent devenir des concurrents crédibles dans la conquête du pouvoir national »
Des affiches soutenant l’arrêté de Daniel Cueff, qui interdit l’usage des pesticides à moins de 150 mètres des habitations.
Des affiches soutenant l’arrêté de Daniel Cueff, qui interdit l’usage des pesticides à moins de 150 mètres des habitations. CAMILLE MICHEL POUR « LE MONDE »

L’agriculture chimique, toujours pratiquée par la plupart des agriculteurs du village, en est un autre. Fin mai, le maire a pris un arrêté interdisant l’usage des pesticides à moins de 150 mètres des habitations pour « forcer la transition », mais la préfecture lui intime de le retirer, au motif qu’il s’agit d’une compétence relevant du ministère de l’agriculture.

Reste qu’en vingt ans, la conviction écologique de Daniel Cueff a infusé à Langouët : les Verts de Yannick Jadot ont réuni 30 % des voix aux dernières européennes, l’un de leurs meilleurs scores de Bretagne.

« Le Monde » organise dans le cadre du Monde Festival une rencontre sur le thème « Comment vivre dans un monde effondré ? », avec Jean Hegland, Corinne Morel Darleux et Pablo Servigne, animée par Audrey Garric. La conférence se tiendra dimanche 6 octobre 2019 de 15 h 30 à 17 heures, à l’Opéra Bastille (amphithéâtre).

 

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Enquête publique SCoT de Cahors et du Sud du Lot

Késako ?

Un épais dossier sur une table à l’accueil de la mairie, des centaines de pages, des cartes, répartis dans de jolies chemises vertes. Il y restera jusqu’au 6 décembre 2017 à 17h30.

https://www.scot-cahors-sudlot.fr/-Enquete-publique-

Mais on peut aussi accéder au dossier dématérialisé :

https://www.registredemat.fr/scot-cahors-sudlot

à la condition d’avoir un écran 45 pouces pour bien visualiser les cartes présentées.

 

 

Quand on voit l’état de nos poubelles…

toutes initiatives sont bonnes à prendre.

https://lareleveetlapeste.fr/gagner-de-largent-recyclant-supermarches-bretons-se-lancent/

Gagner de l’argent en recyclant : des supermarchés bretons se lancent !

En Bretagne les premiers collecteurs de bouteilles en plastique sont lancés afin d’encourager le recyclage pour les particuliers.

Cancres européens du recyclage

En termes de recyclage, la France est très en retard. Nous le savons, trop de personnes ne font toujours pas la différence entre la poubelle verte et la poubelle jaune, des dizaines de kilos de déchets sont jetés par jours, on jette ses cigarettes sur le trottoir, ses papiers sur les aires d’autoroutes et on laisse ses poubelles dans la rue. Bref : nous sommes carrément nuls et nous nous classons à la 21ème place européenne en ce qui concerne le recyclage du plastique (moins de 20% du plastique consommé en France est recyclé).

Formule gagnante

Seulement, malgré ce constat déprimant, les initiatives publiques et privées se multiplient. L’une d’entre elles n’est autre que le recyclage qui rapporte de l’argent, une méthode inspirée de notre voisin allemand. Les supermarchés installent des collecteurs de bouteilles en plastique et en verre, les consommateurs déposent leurs déchets, ils reçoivent un bon d’achat en échange, les matériaux sont recyclés et hop la boucle est bouclée ! Chaque bouteille de 50 cl rapporte 1 centime et celles de 1 litre rapportent 2 centimes.

Vite, vite : on en veut plus !

Une dizaine de supermarchés bretons ont mis en place des collecteurs de bouteilles plastiques, cette nouvelle est excellente, toutes les parties prenantes sont conquises : il n’y a plus qu’à accélérer le mouvement !

Crédits photos : Réco France

La pyrale aussi en Suisse.

Biodiversité

Rien n’arrête la pyrale du buis

Arrivée en 2010 en Suisse, cette chenille détruit tous les buis sur son passage. Aucune mesure ne fait aujourd’hui le poids face à cette invasion qui va s’amplifier avec la ponte des prochains jours

Petite chenille asiatique cherche nid douillet avec vue sur l’Europe… Depuis 2010, la pyrale du buis, Cydalima perspectalis, a élu domicile dans les buis de Suisse romande et de la région. Ses dégâts sont de plus en plus importants. «J’en ai vu dans les buis à côté de chez moi. En une semaine, ils n’avaient plus aucune feuille! C’est une horreur!» raconte Catherine, qui habite à côté d’Annecy.

Ce voisin gênant se déplace avec sa colonie de plusieurs milliers d’individus. Avec à chaque fois le même scénario: les jeunes chenilles vertes à tête noire se nourrissent des feuilles de l’arbre et le rongent jusqu’à l’écorce. L’arbre mort, elles passent à la haie suivante. Et ainsi de suite.

Les jeunes chenilles vertes se nourrissent des feuilles de buis, avant de ronger l’arbre jusqu’à l’écorce.
© Creative Commons
Longue de 3 à 4 cm, la pyrale dévaste les buis entretenus comme sauvages. Ulysse Merat

Devenus adultes, ces papillons nocturnes blanc et marron volent en nuées autour des lampadaires ou se collent aux vitres des maisons, attirés par la lumière. La pyrale n’a que quinze jours de vie pour se reproduire et pondre jusqu’à 1200 œufs. Une nouvelle génération de chenilles éclôt en juin et ainsi de suite… Ce sont trois générations qui s’enchaînent jusqu’au début de l’automne. La prochaine est attendue en août.

La pyrale du buis est un papillon nocturne qui se déplace en colonies de milliers d’individus. Christophe Quintin

Dans les jardins comme en milieu naturel, aucun buis n’est épargné. «C’est une invasion biologique. C’est comme un feu de brousse, ça brûle tout sur son passage», confirme Olivier Baubet, chef du pôle Santé des forêts de la Direction régionale française de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DRAAF) pour l’Auvergne et Rhône-Alpes.

https://www.letemps.ch/sciences/2017/07/27/rien-narrete-pyrale-buis

Le Quercy Blanc perd son buis vert

 

Outre la tristesse de voir nos coteaux se dégarnir de leurs buis, qui amenaient fraîcheur et intimité, protection en toutes saisons, dominant les buissons épineux et les ronces, les sous-bois sont désormais jaunes et secs, prêt à s’embraser de colère à la première étincelle.

Il s’agit de forêts, d’arbres jusqu’ à 1m de haut, dans des lieux parfois bien escarpés, impossible à maîtriser pour des particuliers.

Qu’il est triste d’être la génération témoin de ce massacre, faut-il se résoudre ?

Pyrale du buis issue d’un seul buisson de 1m de haut, chenille dont les poules ne veulent même pas nous débarrasser.

http://www.ladepeche.fr/article/2017/08/03/2622146-le-quercy-blanc-colonise-par-la-pyrale-du-buis.html

Publié le 03/08/2017 à 03:52, Mis à jour le 03/08/2017 à 08:46

Le Quercy blanc colonisé par la pyrale du buis

La pyrale du buis est arrivée dans le Lot en 2015. Cette année, elle attaque le Quercy Blanc. Sans danger pour l’homme, elle dévaste les buis. Si on peut traiter parcs et jardins, il n’en va pas de même pour les buxaies sauvages. Or les causses lotois regorgent de buis.

Sur l’ensemble du Quercy blanc, en pays montcuquois comme castelnaudais, les ravages causés par la pyrale du buis sont inquiétants, et la rapidité des attaques successives a pris tout le monde de court. Si les particuliers ont traité -avec plus ou moins de résultat- les buis autour de leur maison, la majorité des arbustes, notamment ceux situés en pleine nature, ont été dévastés. Ne restent plus que des branchages secs dont plus une feuille n’a réchappé. Les chenilles infestent les bois. Suspendues le long des chemins au bout de leur fil, elles rendent les promenades très désagréables. À Saint-Daunès, Bernard Déleris, animateur à «Points d’eau», a vu ses buis entièrement dévorés. Il prend le problème très au sérieux. «Les deux premières attaques de la pyrale ont été spectaculaires, souligne-t-il. Les zones encore préservées donnent déjà des signes de contamination, et la nouvelle attaque du papillon, prévue en septembre, pourrait bien être fatale. Hélas, cette espèce très invasive n’a aucun prédateur». Patrice Valy, président de l’Amicale sainte-alauzienne, a fait le même triste constat. «Il s’agit de notre patrimoine, s’inquiète-t-il, et il faut agir vite. J’en appelle à l’aide des pouvoirs publics et j’ai demandé aux conseils départementaux de coordonner une action et un plan d’éradication.»


Des pistes pour réguler l’insecte

La pyrale du buis, originaire d’Asie, a été repérée pour la première fois en Europe en 2006, en Allemagne. Deux ans plus tard, elle arrivait en Alsace. Les premières observations dans le Lot remontent à 2015. C’était à Pradines. L’an dernier, la Bouriane et les secteurs entre Puy-l’Evêque et Floressas ont été particulièrement touchés. Cette année, c’est le Quercy blanc. «L’insecte étend sa zone d’action parce qu’il s’installe», constate Jean-Pierre Charpy, de la DDT, également correspondant-observateur sur la santé des forêts. Le Lot, département de causse, est riche en buis sauvages. La vallée du Célé compte même de véritables forêts (buxaies), encore épargnées. Jean-Pierre Charpy refuse de se montrer pessimiste : «On ne peut pas annoncer la disparition des buis». Si les attaques sont spectaculaires (lire ci-dessus), «l’arbre ne meurt pas, il refait de la feuille». Mais trois générations de pyrale du buis se succèdent de mai à octobre. Chaque papillon pond 1 200 œufs. Chaque chenille consommerait 45 feuilles. Sur un arbre défolié, «la chenille est rapidement en situation de famine et va s’attaquer aux jeunes rameaux. Au fil du temps, l’arbre va s’épuiser», constate-t-il. Il attend d’ailleurs un retour de l’Alsace pour connaître l’état des buis qui y sont attaqués depuis 2008. Or, si la pyrale a des prédateurs dans son milieu d’origine, elle n’en a pas en Europe. Les oiseaux n’en ont pas encore fait leur casse-croûte. Alors que faire ? «Dans les jardins, on peut intervenir. Il y a des méthodes très rustiques qui consistent, quand les œufs apparaissent, à les faire tomber avec un jet d’eau fort puis à les éliminer. Ensuite, il y a une méthode biologique efficace, le bacille thuringiensis. Il est déjà utilisé pour la processionnaire du pin», détaille Jean-Pierre Charpy. Mais il faut l’utiliser à un moment précis, au premier stade larvaire. S’ajoutent les pièges à phéromones. Pour la forêt, il n’y a pas de traitement envisageable. D’abord en raison de l’ampleur, ensuite car le bacille tue tous les lépidoptères. Mais l’Inra travaille actuellement sur une piste prometteuse : une petite guêpe qui pond ses œufs dans ceux de la pyrale. Un parasite local et non importé pour ne pas risquer de créer un autre déséquilibre dans l’écosystème. Car, il ne semble plus possible d’éradiquer la pyrale du buis. En revanche, tout l’enjeu consiste à la réguler en l’intégrant dans l’écosystème.


Repères

Désagréments pour l’homme

«La chenille ne présente aucun risque pour l’homme, contrairement à la processionnaire du pin, rassure Jean-Pierre Charpy, mais il y a des désagréments». Voir les buis défoliés, côtoyer les chenilles et leurs déjections par exemple. A Cambayrac, les organisateurs de la randonnée nocturne de demain ont changé le parcours pour éviter ces désagréments. Puis «il y a un impact psychologique chez les gens quand ça touche à des sites emblématiques : voir les buis défoliés en vallée du Célé aurait cet impact», ajoute Jean-Pierre Charpy, même si d’autres essences s’installaient à leur place. Il signale que dans des zones de forte pullulation (pas dans le Lot), ces papillons nocturnes ont pu colmater des aérations de dispositifs frigorifiques et gêner la circulation.

Dans les parcs publics, jardins privés et pépinières, la pyrale du buis représente un problème esthétique autant qu’économique.

Risques > D’érosion et incendies.Si les buis sauvages venaient à être trop durement touchés, «il faudrait être vigilant sur les fortes pentes à cause du risque d’érosion et autour des habitations pour le risque incendie… Tant que le buis est vert au pied, ça va, sinon il faut faire appliquer l’arrêté de débroussaillement».

Region > Une grosse progression. Cette année, la pyrale du buis a fortement progressé dans la région, touchant la majorité des départements. Le Lot, le Tarn et surtout le piémont pyrénéen sont les plus concernés par cette expansion 2017. Dans l’ex-Midi-Pyrénées, seul le Gers n’est pas touché, selon le département de santé des forêts. Ce département qui surveille notamment l’état de santé des forêts métropolitaines, s’appuie sur un réseau de correspondants-observateurs.

Réactions des lecteurs

PARDES, il y a 4 joursUne astuce supplémentaire que je viens d’expérimenter. J’étais en train de nettoyer au jet d’eau le buis pour détruire les traces de l’infestation précédente (soie et excréments). Cela a fait sortir les papillons…. qui ne résistent pas à l’arrosage. La force du jet autant que l’eau abiment leurs ailes, ils tombent sur le sol. J’ai réédité ce matin au lever du jour. J’en ai débusqué et détruit nettement plus qu’hier. Je compte rééditer demain matin.
J’ai tenté cette opération parce que j’ai 40m de haies de buis qui entourent mon habitation. il me fallait des solutions mécaniques avant l’usage de la chimie

pimienta, il y a 5 joursUne astuce pour les petites surfaces : pulvériser les buis infectés avec du savon noir liquide . ça marche à moindre frais mais malheureusement cela n’empêche pas la ré-infestation . Ajouter à cela que la chenille s’adapte à son environnement et que l’on en trouve également à présent sur les noisetiers. L’invasion est à traiter globalement … pour l’instant il n’y a pas d’autre solution que de donner aux chercheurs les moyens dont ils ont besoin pour faire leur boulot.

Wil46excabrerets, il y a 5 joursS’était il y a quelques années qu’il fallait se réveiller. Maintenant, c’est trop tard, cette Pyrale est trop répandue dans nos landes à buis sauvages, notamment dans les pentes fortes de la vallée du Lot et/ou de la Dordogne où il est impossible d’accéder. Faut espérer qu’elle ne s’attaque pas à d’autres plantes comme le fusain et que les prédateurs puissent davantage la consommer.
Merci à cette mondialisation qui profite à quelques-uns mais qui pourrie notre environnement.

cebibi, il y a 5 joursil faudra quand même expliquer pourquoi tout ces prédateurs arrivent en France, comme le frelon asiatique, le moustique tigre, et maintenant la pyrale du buis venu de chine ? ? ?

epervier31, il y a 5 joursInconsistance des pouvoirs publics lié aussi au manque d’anticipation, incompétence à traiter des problèmes de préservation des espèces au même titre que les écolos.
Au lieu de nous montrer des navets sur l’audio visuel, des émissions sur la nature et sa protection seraient plus utiles.
Pourquoi ne pas recruter des chômeurs après 2 à 3 jours de formation pour aller traiter les zones infectées sans aussi oublier les propriétaires qui ne sont pas responsables des merdes qui viennent de certains pays comme la Chine, pour le grand bonheur des intermédiaires commerciaux qui ne voient que l’appât du gain.
Nous sommes devenus une poubelle dans un pays aussi beau que notre France…
Un autre article :
 http://www.ladepeche.fr/article/2017/08/01/2621106-pyrale-du-buis-la-contre-attaque-du-depute-folliot.html

Pyrale du buis : la contre-attaque du député Folliot

Environnement

En ville, les services des espaces verts sont plutôt bien organisés. C'est en zone sauvage que le problème est impossible à gérer./ photo DDM, archives.
En ville, les services des espaces verts sont plutôt bien organisés. C’est en zone sauvage que le problème est impossible à gérer./ photo DDM, archives.

Le député du Tarn Philippe Folliot vient d’écrire au nouveau ministre de la transition écologique Nicolas Hulot afin de le sensibiliser au désastre commis dans les massifs et jardins sud-Tarnais par la Pyrale du buis. Une attaque colossale contre le buis.

Comme il l’avait déjà fait une première fois il y a presque un an, en septembre 2016 auprès de Stéphane le Foll, le député du Tarn Philippe Folliot vient de s’adresser au nouveau ministre de la transition écologique Nicolas Hulot afin de le sensibiliser aux dégâts commis par la Pyrale du buis. Cet insecte en effet, et en particulier lorsqu’il n’est encore que chenille (lire en encadré) est en train de ravager les buis, notamment dans les massifs boisés, causses et jardins d’agréments sud tarnais de façon redoublée depuis quelques semaine. Au mois de juin en effet, la terrifiante chenille verte a jeté son dévolu façon «attaque massive» ce qui explique d’ailleurs la réaction du député centriste.

Dans sa demande au ministre de l’écologie mais aussi à celui de l’agriculture, Philippe Folliot refait l’historique de l’importation du parasite d’Asie centrale et sa propagation : «Face à cette situation, il n’existe pas de procédure ou règlementation pour lutter efficacement contre la prolifération de la Pyrale car celle-ci n’est pas classée comme espèce provoquant des dangers sanitaires ou nuisible. En cette saison, les particuliers comme les collectivités sont dépassés et les traitements qui leur ont été recommandés ne s’avèrent pas adaptés à l’ampleur de l’invasion.»

Le député demande donc aux ministres sollicités «qu’ils trouvent un moyen de lutter massivement contre un phénomène qui touche plus partiuclièrement le Causse et la montagne tarnaise. Je pense notamment au classement en espère nuisible de la Pyrale du Buis qui permettrait de débloquer des moyens pour lutter plus efficacement contre l’espèce et échappter à cette catastrophe écologique.»

Outre ces courriers, le député Folliot a aussi déposé une question écrite devant l’Assemblée Nationale.


Très difficile de lutter contre

Originaire d’Asie et introduite en France il y a à peine dix ans, la Pyrale du buis est une chenille qui se nourrit exclusivement des feuilles de buis au point «d’asphyxier» l’arbuste qui dépérit et finit par mourir s’il n’est pas débarrassé du parasite. La chenille devient ensuite papillon qui a son tour pond des œufs (800 œufs de chenille par ponte).

Le problème, c’est qu’elle n’a pas (encore) de prédateur. Les traitements bio qui n’ont pas d’influence sur l’environnement se résument au bacile de turenge et aux phéromones pour attirer et détruire les papillons. D’autres produits, de type insecticide, sont aussi utilisés mais ils ont un impact très fort sur les autres insectes et commettent de gros dégâts écologiques.


Repères

Le chiffre : 10

ans>arrivée en France. Il a suffit d’une petite dizaine d’années pour que la Pyrale du buis, importée d’Asie, réussise sa progression, voire sa

«Tous nos services sont unanimes. On vient d’observer un pic d’activité qui n’avait jamais été aussi fort, en particulier sur les monts de Lacaune».

Isabelle Calvière, directrice service environnement au conseil départemental Tarn.

Publié le 01/08/2017 à 07:39, Mis à jour le 02/08/2017 à 19:49

Une invasion d’une intensité jamais atteinte

Elle a pris tout le monde de court. Il y a quelques semaines, à l’issue d’une période de météo maussade pour la saison fin juin, les jardiniers et amateurs de nos massifs et causses se sont rendus compte d’un coup de l’ampleur des dégâts : la Pyrale du buis a commis en ce début d’été une attaque redoutable. Dans le secteur de Montredon Labessionnié par exemple, la photographie de notre correspondante publiée il y a quelques jours a impressionné tout le monde. Sur le causse, les dégâts ont redoublé. A Boissezon, village qui tient son nom justement du «buis» , un lecteur du journal, Peter Culleton écrit : «Le sentier de grande randonnée GR 653, chemin de St. Jacques de Compostelle, n’est plus praticable à pied sans prendre une quinzaine de chenilles sur les vêtements tous les dix mètres. C’est dégoutant.»

«la ville est mieux protégée»

Chargée de ce dossier à la Fredon, organisme scientifique basé à Toulouse, Laurie-Anne Coste explique : «On constate que les collectivités, comme à Castres en particulier où l’action des espaces verts est particulièrement bien organisée, réagissent plutôt efficacement et sont sensibilisées au traitement avec le bacile de Turenge notamment. Du coup, la Pyrale y est plutôt contenue en zone urbaine. En revanche, les espaces naturels comme le Causse, où il y a beaucoup de buis, fait office de réservoir. Et il paraît difficile d’y intervenir.»

Plusieurs alertes en effet ont été remontées par cet organisme qui est déjà venu sur place dans le sud du Tarn pour faire du conseil auprès des habitants.

En lien d’ailleurs avec la direction de l’environnement au Conseil départemental où la directrice du service «environnement» Isabelle Calvière confirme : «Nos différents services ont effectivement remonté des informations assez fortes sur la prolifération de la Pyrale ces dernières semaines. Que ce soient les personnes qui interviennent sur les chemins de randonnée, sur les espaces verts ou les cours d’eau, tout le monde est unanime. On est vraiment en présence d’un pic d’activité important en particulier dans les Monts de Lacaune et sud Tarn.»