Daniel Cueff, le maire breton qui invente le village de l’après-pétrole

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Comment vit-on lorsqu’on ne veut pas hypothéquer l’avenir des générations futures ? Dans le village breton de Langouët, un élu fait tout pour en faire un territoire 100 % écologique.

Par Publié aujourd’hui à 09h00, mis à jour à 15h47

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Daniel Cueff, maire du village breton de Langouët, le 17 juin.
Daniel Cueff, maire du village breton de Langouët, le 17 juin. CAMILLE MICHEL POUR « LE MONDE »

La pièce est foisonnante. Sur les murs de bois, des affiches exposent en grand format divers projets dont on trouve les détails dans les piles de livres, schémas, plans d’urbanisme et autres documents administratifs qui jonchent la table de réunion. Ferme en permaculture, serres photovoltaïques, habitats légers, préservation des terres agricoles, voies piétonnes… A en croire les murs de son bureau, Daniel Cueff ne manque pas d’inspiration pour faire de son village une commune écologique.

Vingt ans que cet homme de 64 ans est à la tête de la mairie de Langouët (Ille-et-Vilaine) et de ses 600 habitants. Il ne lui a pas fallu plus de quelques années pour transformer ce petit territoire rural, situé à 20 kilomètres au nord de Rennes, en laboratoire à ciel ouvert de l’écologie sociale.

« Anticipation de l’avenir »

Ce jour-là, l’édile prépare la présentation de son dernier projet : l’installation d’un panneau solaire destiné à fournir de l’électricité verte à une partie des habitants. Les bâtiments publics de Langouët produisent déjà toute leur électricité. La nouvelle installation photovoltaïque, gérée par une association regroupant la mairie et les futurs consommateurs, sera un nouveau pas vers l’entière autonomie énergétique de ce petit village breton, que le maire souhaite atteindre d’ici dix ans.

Les bâtiments publics de Langouët produisent déjà toute leur électricité.
Les bâtiments publics de Langouët produisent déjà toute leur électricité. CAMILLE MICHEL POUR « LE MONDE »

« C’est une anticipation de l’avenir », explique Daniel Cueff, estimant nécessaire de produire localement ce qui est consommé localement. « L’autonomie n’est pas une politique d’autarcie, insiste cependant le maire. Nous devons juste prendre notre part aux évolutions d’un monde dont les modes de consommation et de production ne pourront pas durer. » Lui se dit convaincu que les solutions environnementales ne peuvent venir que des territoires, dont chacun aura à « s’adapter différemment », en fonction de ses caractéristiques propres, à un changement climatique qu’il juge « inéluctable ».

« Le climat nous imposera des changements, mais nous ne devons pas seulement avoir une politique de réaction, précise-t-il. Je souhaite que l’urgence climatique nous permette aussi de trouver des solutions au mieux vivre-ensemble. »

Daniel Cueff dans son jardin en permaculture.
Daniel Cueff dans son jardin en permaculture. CAMILLE MICHEL POUR « LE MONDE »

Territoire résistant à l’écologie

La politique ne fait pourtant pas partie de l’horizon de Daniel Cueff lorsqu’il s’installe à Langouët « un peu par hasard » en 1990. Un « concours de circonstances » le porte à la tête de la mairie en 1999, à la faveur d’une élection partielle. Cet écologiste convaincu – mais non encarté –, qui a fait ses armes contre le projet de centrale nucléaire à Plogoff à la fin des années 1970, arrive en terrain miné. Il raconte :

« Langouët était un territoire résistant au développement durable. Elle a été la première commune remembrée en 1984 ; l’agriculture laitière intensive est née ici, très peu de gens étaient sensibles à l’écologie. »

Lire la tribune de Noël Mamère : « L’écologie “identitaire”, conçue comme seule réponse, est un rêve irresponsable »

Pour contourner les résistances locales, il choisit de faire beaucoup, et de parler peu. Il faut avant tout montrer que les solutions écologiques sont applicables et crédibles, convaincre par l’expérience.

Premiers panneaux solaires installés sur des bâtiments publics en Bretagne en 2003

Sans grand discours ni communiqué de presse, il interdit dès 1999 l’usage des produits phytosanitaires pour l’entretien des espaces communaux, dix-huit ans avant que la loi l’interdise dans toute la France. Sous sa houlette, la mairie lance en 2003 la rénovation de l’école, reconstruite en pierre et en bois, munie d’un système de récupération des eaux de pluie, et premier bâtiment public de Bretagne à être équipé de panneaux solaires. En 2004, avant le Grenelle de l’environnement, il fait voter le passage à une cantine 100 % bio.

« Les élèves [quatre-vingt à Langouët] connaissent bien tous ces dispositifs et pratiquent très tôt le développement durable », explique Sylvain Fouré, directeur de l’école. « Grâce au travail de la mairie, la plupart des enfants font du compost chez eux, et presque 6 % des familles tentent de fonctionner en zéro déchet. »

La micro ferme, qui doit s’agrandir sur tout le terrain.
La micro ferme, qui doit s’agrandir sur tout le terrain. CAMILLE MICHEL POUR « LE MONDE »

« Précurseur de l’écologie sociale »

C’est également sous l’impulsion de Daniel Cueff qu’est construit à Langouët le premier écolotissement de Bretagne en 2005, suivi d’un deuxième en 2010. Tous les logements y sont chauffés au poêle à granulés et équipés de panneaux solaires pour chauffer l’eau. « Ce sont des maisons d’environ 100 m2 que les habitants chauffent pour 160 euros par an », ajoute Daniel Cueff en désignant les constructions de bois aux volets colorés situées au nord du village.

Ce sont aussi des logements en accession sociale à la propriété ou des HLM. Le maire et son équipe ont fait du village « un précurseur de l’écologie sociale », estime Mikael Laurent, coordinateur de Bruded, un réseau d’échanges d’expériences en urbanisme durable entre collectivités de la région, dont Langouët est un moteur.

Lire : Climat : « Le chaos n’est pas une fatalité, mais son évitement suppose un changement radical »

Daniel Cueff veut désormais aller plus loin, et impulser une politique à impact positif sur l’environnement. Les maisons des prochains éco-hameaux produiront plus d’énergie qu’elles n’en consommeront, leurs matériaux de construction biosourcés et réutilisables absorberont le CO2, et elles seront dotées de potagers en permaculture pour « réapprendre à travailler la terre » et « restaurer le lien entre production et consommation ».

Les écolotissement de Langouët, le 17 juin.
Les écolotissement de Langouët, le 17 juin. CAMILLE MICHEL POUR « LE MONDE »

Des obstacles encore insurmontables

Les habitants ne sont pas tenus éloignés de ces décisions, mais le maire ne leur laisse pas le choix quant au cadre 100 % écologique de sa politique. A Langouët, la démocratie n’est pas « participative », mais plutôt « collaborative », explique M. Cueff :

« L’équipe municipale fixe le cadre. Par exemple, construire un écoquartier à impact positif pour l’environnement et accessible aux moins aisés. Une fois ce cadre fixé, rien n’est directif, les habitants peuvent travailler avec les experts pour trouver les meilleures solutions de réalisation. »

« Daniel Cueff, c’est une main de velours dans un gant de fer », résume Mikael Laurent. A en croire les résultats électoraux du maire, réélu au premier tour en 2008 (68 % des voix) et en 2014 (78 % des voix), le système semble convaincre.

Cette politique écologique se heurte néanmoins à des obstacles qui rappellent, en creux, que Langouët ne peut pas tout inventer seul. Avec 90 % des habitants travaillant sur le bassin rennais, le village ne réussit pas à se passer des voitures ; et la mise à disposition d’une voiture électrique en autopartage ou encore le service intercommunal de location de vélos électriques n’y suffisent pas. « La mobilité reste un point noir », concède Daniel Cueff.

Lire : Elections européennes 2019 : « Les Verts doivent devenir des concurrents crédibles dans la conquête du pouvoir national »
Des affiches soutenant l’arrêté de Daniel Cueff, qui interdit l’usage des pesticides à moins de 150 mètres des habitations.
Des affiches soutenant l’arrêté de Daniel Cueff, qui interdit l’usage des pesticides à moins de 150 mètres des habitations. CAMILLE MICHEL POUR « LE MONDE »

L’agriculture chimique, toujours pratiquée par la plupart des agriculteurs du village, en est un autre. Fin mai, le maire a pris un arrêté interdisant l’usage des pesticides à moins de 150 mètres des habitations pour « forcer la transition », mais la préfecture lui intime de le retirer, au motif qu’il s’agit d’une compétence relevant du ministère de l’agriculture.

Reste qu’en vingt ans, la conviction écologique de Daniel Cueff a infusé à Langouët : les Verts de Yannick Jadot ont réuni 30 % des voix aux dernières européennes, l’un de leurs meilleurs scores de Bretagne.

« Le Monde » organise dans le cadre du Monde Festival une rencontre sur le thème « Comment vivre dans un monde effondré ? », avec Jean Hegland, Corinne Morel Darleux et Pablo Servigne, animée par Audrey Garric. La conférence se tiendra dimanche 6 octobre 2019 de 15 h 30 à 17 heures, à l’Opéra Bastille (amphithéâtre).

 

Enquête publique SCoT de Cahors et du Sud du Lot

Késako ?

Un épais dossier sur une table à l’accueil de la mairie, des centaines de pages, des cartes, répartis dans de jolies chemises vertes. Il y restera jusqu’au 6 décembre 2017 à 17h30.

https://www.scot-cahors-sudlot.fr/-Enquete-publique-

Mais on peut aussi accéder au dossier dématérialisé :

https://www.registredemat.fr/scot-cahors-sudlot

à la condition d’avoir un écran 45 pouces pour bien visualiser les cartes présentées.

 

 

Quand on voit l’état de nos poubelles…

toutes initiatives sont bonnes à prendre.

https://lareleveetlapeste.fr/gagner-de-largent-recyclant-supermarches-bretons-se-lancent/

Gagner de l’argent en recyclant : des supermarchés bretons se lancent !

En Bretagne les premiers collecteurs de bouteilles en plastique sont lancés afin d’encourager le recyclage pour les particuliers.

Cancres européens du recyclage

En termes de recyclage, la France est très en retard. Nous le savons, trop de personnes ne font toujours pas la différence entre la poubelle verte et la poubelle jaune, des dizaines de kilos de déchets sont jetés par jours, on jette ses cigarettes sur le trottoir, ses papiers sur les aires d’autoroutes et on laisse ses poubelles dans la rue. Bref : nous sommes carrément nuls et nous nous classons à la 21ème place européenne en ce qui concerne le recyclage du plastique (moins de 20% du plastique consommé en France est recyclé).

Formule gagnante

Seulement, malgré ce constat déprimant, les initiatives publiques et privées se multiplient. L’une d’entre elles n’est autre que le recyclage qui rapporte de l’argent, une méthode inspirée de notre voisin allemand. Les supermarchés installent des collecteurs de bouteilles en plastique et en verre, les consommateurs déposent leurs déchets, ils reçoivent un bon d’achat en échange, les matériaux sont recyclés et hop la boucle est bouclée ! Chaque bouteille de 50 cl rapporte 1 centime et celles de 1 litre rapportent 2 centimes.

Vite, vite : on en veut plus !

Une dizaine de supermarchés bretons ont mis en place des collecteurs de bouteilles plastiques, cette nouvelle est excellente, toutes les parties prenantes sont conquises : il n’y a plus qu’à accélérer le mouvement !

Crédits photos : Réco France

La pyrale aussi en Suisse.

Biodiversité

Rien n’arrête la pyrale du buis

Arrivée en 2010 en Suisse, cette chenille détruit tous les buis sur son passage. Aucune mesure ne fait aujourd’hui le poids face à cette invasion qui va s’amplifier avec la ponte des prochains jours

Petite chenille asiatique cherche nid douillet avec vue sur l’Europe… Depuis 2010, la pyrale du buis, Cydalima perspectalis, a élu domicile dans les buis de Suisse romande et de la région. Ses dégâts sont de plus en plus importants. «J’en ai vu dans les buis à côté de chez moi. En une semaine, ils n’avaient plus aucune feuille! C’est une horreur!» raconte Catherine, qui habite à côté d’Annecy.

Ce voisin gênant se déplace avec sa colonie de plusieurs milliers d’individus. Avec à chaque fois le même scénario: les jeunes chenilles vertes à tête noire se nourrissent des feuilles de l’arbre et le rongent jusqu’à l’écorce. L’arbre mort, elles passent à la haie suivante. Et ainsi de suite.

Les jeunes chenilles vertes se nourrissent des feuilles de buis, avant de ronger l’arbre jusqu’à l’écorce.
© Creative Commons
Longue de 3 à 4 cm, la pyrale dévaste les buis entretenus comme sauvages. Ulysse Merat

Devenus adultes, ces papillons nocturnes blanc et marron volent en nuées autour des lampadaires ou se collent aux vitres des maisons, attirés par la lumière. La pyrale n’a que quinze jours de vie pour se reproduire et pondre jusqu’à 1200 œufs. Une nouvelle génération de chenilles éclôt en juin et ainsi de suite… Ce sont trois générations qui s’enchaînent jusqu’au début de l’automne. La prochaine est attendue en août.

La pyrale du buis est un papillon nocturne qui se déplace en colonies de milliers d’individus. Christophe Quintin

Dans les jardins comme en milieu naturel, aucun buis n’est épargné. «C’est une invasion biologique. C’est comme un feu de brousse, ça brûle tout sur son passage», confirme Olivier Baubet, chef du pôle Santé des forêts de la Direction régionale française de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DRAAF) pour l’Auvergne et Rhône-Alpes.

https://www.letemps.ch/sciences/2017/07/27/rien-narrete-pyrale-buis