Accueil des réfugiés : les réponses aux questions que vous vous posez

Extrait d’un article de FranceTVInfo répondant à quelques questions les plus courantes au sujet de l’accueil des réfugiés.

« Les migrants fuient-ils tous des pays en guerre ? »

Il faut faire la distinction entre les migrants et les réfugiés. Le terme « migrant » désigne « une personne qui, née dans un pays, vit dans un autre pour une durée d’un an ou plus », comme l’expliquait une spécialiste des migrations à francetv info. Les réfugiés (qui sont inclus dans la catégorie « migrants ») sont toutes les personnes persécutées ou craignant de l’être dans leur pays, en raison de leurs origines, de leur religion ou de leurs opinions politiques. C’est un statut défini par la convention de Genève.

Le pays d’où sont arrivés le plus de demandeurs d’asile en Europe cette année est la Syrie, où la guerre a fait plus de 250 000 morts en quatre ans. Les Syriens, comme les Irakiens, vivent également sous la menace du groupe Etat islamique. La situation n’est pas plus réjouissante en Erythrée, un régime totalitaire où le service militaire est obligatoire et illimité ; en Somalie, où sévissent les islamistes shebabs ; au Soudan et au Soudan du Sud, en guerre depuis l’indépendance de ce dernier en 2011. Autant de pays qui ne sont pas considérés comme « sûrs » par la France, et qui sont les principaux pays d’origine des demandeurs d’asile. Ce qui n’exclut pas des migrations aux motifs économiques, ni des situations d’entre-deux.

« Y a-t-il des ‘terroristes déguisés’ parmi les migrants et les réfugiés ? »

[…]Tout d’abord, aucun des auteurs d’attentats ou de tentatives d’attentats en France ces dernières années n’est originaire de ces pays : tous résidaient en Europe. Certains se sont rendus, ou sont soupçonnés de s’être rendus en Syrie pour rejoindre les jihadistes, mais ils ont regagné l’Europe par des moyens conventionnels.

« N’est-il pas possible de résoudre cette crise en soutenant Bachar Al-Assad en Syrie, ou en le renversant ? »

La situation syrienne semble aujourd’hui dans une impasse. Le régime de Bachar Al-Assad contrôle un territoire de moins en moins important, mais n’a pas perdu le soutien de ses alliés iraniens et russes. Ces derniers, selon le New York Times, ont même récemment accentué leur aide militaire. Quant aux frappes aériennes de la coalition internationale, auxquelles la France envisage de participer, elles ne visent que les jihadistes de l’Etat islamique, adversaires d’Al-Assad. Pour autant, François Hollande a maintenu, lundi, que « la condition à un moment ou un autre » pour la résolution du conflit était « le départ de Bachar Al-Assad ».

Un spécialiste du Proche-Orient au Washington Institute, cité par l’agence Reuters, résume le casse-tête actuel : « Si Assad s’en va maintenant, cela profitera à l’EI, mais s’il ne s’en va pas, il n’y a aucun espoir de recoller à nouveau les morceaux de l’Etat syrien. » Et une très hypothétique reprise du pays par le régime ne convaincrait sans doute pas les quatre millions de Syriens exilés de rentrer chez eux.

« 24 000 réfugiés accueillis en France, c’est combien d’emplois en moins ? »

Personne ne sait avec certitude quels effets aura l’accueil de dizaines de milliers de migrants en France sur l’emploi. Mais, en 2014, le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii) estimait qu’une hausse de 10% de la part d’immigrés dans une catégorie de la population, à âge et compétence égale, faisait baisser de 3% le taux d’emploi des Français de cette catégorie. Mais la proportion de personnes qui doivent être accueillies en France est bien plus faible, de l’ordre de 4 réfugiés pour 10 000 Français, soit 0,04%.

L’évolution de la part d’immigrés en France entre 1990 et 2010 n’a pas eu d’effet sur le salaire moyen, constate également le Cepii : l’immigration aurait même un effet légèrement positif pour les salariés faiblement qualifiés (+0,5% sur cette période), mais légèrement négatif pour les salariés très qualifiés (-1,1%).

« Les réfugiés touchent-ils des allocations ? »

Les droits des réfugiés varient selon leur statut. A leur arrivée, ils sont considérés comme demandeurs d’asile, en attendant que l’Office français pour la protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) ne statue sur leur sort. Ils ont le droit soit à la couverture médicale universelle (CMU), soit à l’aide médicale d’Etat (AME). Leurs enfants peuvent être scolarisés à partir de 3 ans, et ont l’obligation de l’être entre 6 et 16 ans. S’ils sont pensionnaires de centres d’accueil, ils touchent une allocation mensuelle de subsistance, comprise entre 91 et 718 euros mensuels. Mais les places dans ces centres sont rares.

Les autres demandeurs d’asile, qui n’ont pas de place dans un centre, touchent l’allocation temporaire d’attente, d’un montant de 11,35 euros par jour, pendant toute la durée de leur procédure de demande d’asile. Un montant qui leur est nécessaire pour survivre, car les demandeurs d’asile n’ont le droit de travailler que si leur procédure est en cours depuis plus d’un an, même si des dérogations sont possibles.

Une fois l’asile obtenu, les réfugiés perdent leur droit aux allocations qui leur sont destinées, mais ils bénéficient des mêmes droits que les Français. Un récépissé portant la mention « reconnu réfugié » leur donne le droit de travailler, ainsi qu’aux prestations familiales et au RSA. Quand ils accèdent à un emploi, ils peuvent s’affilier à la Sécurité sociale. Ils ont aussi, sous condition de ressources, accès au logement social, et à des centres d’hébergement s’ils sont dans une situation jugée particulièrement vulnérable.

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