Pour en finir avec les idées reçues sur les éoliennes

Question de bruit…

On entend souvent dire : “Les éoliennes sont bruyantes ; elles font plus de 100 décibels et cassent les oreilles”. Pourtant, au pied d’une éolienne, le niveau sonore est équivalent à celui qu’il y a à l’intérieur d’une voiture. Ce sont des niveaux sonores qui n’empêchent pas de tenir une conversation. Au pied d’une éolienne c’est, le plus souvent, le bruit du vent qui est plus dérangeant que le bruit de l’éolienne elle-même. Le fonctionnement d’un parc éolien occasionne des niveaux d’environ 45 dB(A) à 300 ou 400 m, soit moins que le niveau ambiant dans un bureau ordinaire. Le bruit d’une éolienne est constitué avant tout du bruit de la pale qui fend l’air. En fait, c’est surtout celui créé par l’extrémité de la pale. Mais les constructeurs d’éoliennes ont, au fil des années, peaufiné la conception des pales pour réduire les émissions sonores. Enfin, il est possible de programmer leur fonctionnement de façon à réduire leurs émissions sonores, le soir ou le week-end par exemple. Le récent rapport de mars 2006 de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques indique que “les bruits mécaniques des engrenages sont désormais quasi inexistants” et qu’avec les installations modernes, “le bruit de souffle des rotors n’est que de 100 décibels en pied de mât et inaudible à 200 mètres”.

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Question paysage…

L’implantation des éoliennes requiert un permis de construire délivré par le Préfet de département. La procédure de permis de construire inclut l’avis de tous les services de l’état concernés, la conformité avec le Plan d’Occupation des Sols ou le Plan Local d’Urbanisme, l’avis du commissaire enquêteur concluant une enquête publique, et souvent l’avis de la Commission départementale des sites, perspectives et paysages. On accepte dans nos paysages la présence d’émetteurs pour la téléphonie (5 000 à 10 000, comme celui situé à Trespoux, visible de loin), les lignes électriques à haute tension (plus de 100 000 km), les châteaux d’eau (plusieurs milliers), les autoroutes (plusieurs milliers de kilomètres). Si les éoliennes s’inscrivent dans cette lignée d’équipements créés par l’homo sapiens, elles restent avant tout des outils de développement durable. Des professionnels interviennent pour faire de beaux projets respectueux des paysages et du patrimoine. Aujourd’hui, les sociétés de développement des parcs éoliens font toutes appel à des paysagistes qualifiés. Autre garde-fou : depuis juillet 2005 (mais cela ne sera véritablement obligatoire qu’après le 14 juillet 2007), les parcs éoliens doivent être implantés dans des Zones de Développement de l’Eolien pour bénéficier de l’obligation d’achat de l’électricité éolienne.

Chateau-deau Chateau-deau2 Chateau-deau3 Antenne relais Trespoux

 

 

 

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Nuisance pour le tourisme

Un sondage CSA commandé par la région Languedoc-Roussillon a montré que 92% des touristes, interrogés sur 25 sites en pleine période touristique, considèrent l’utilisation des éoliennes comme « une bonne chose ». Seulement 16% estiment qu’elles « dégradent le paysage dans lequel elles sont implantées ». Mieux : les touristes interrogés dans des sites où existent des éoliennes ou qui en ont vu sont nettement plus favorables aux éoliennes que ceux qui n’en ont pas vu.

Esthétique

Les formes des éoliennes sont des formes simples, aérodynamiques, épurées. Ces caractéristiques sont autant d’atouts pour être appréciées. Les éoliennes sont de couleur blanche (avant tout pour des raisons aéronautiques de visibilité). Cette couleur est plutôt synonyme de simplicité et de pureté.

Qu’est ce qui est le plus destructeur du paysage ?

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Oiseaux

On entend parfois dire que : “Les éoliennes sont de vrais hachoirs à oiseaux.” De très nombreuses études ont été menées à travers le monde autour des parcs éoliens pour analyser leur impact sur les oiseaux. Tous les suivis démontrent que la mortalité des oiseaux est faible à très faible. Ces suivis montrent également que plus de précautions sont prises dans le choix des sites et dans l’agencement des éoliennes, plus cette mortalité est faible. Une éolienne peut tuer entre 0 et 3 oiseaux par an. Alors qu’une ligne électrique haute tension en tue plusieurs dizaines par kilomètre et par an. Sans parler des impacts des immeubles et vitres (plus de 50% des oiseaux tués), de la circulation routière, de la chasse et des … chats (10% des oiseaux tués) !

Nucléaire

En Europe, en une dizaine d’années, il a été implanté environ 30 000 mégawatts éoliens. Cette puissance représente l’équivalent d’une douzaine de réacteurs nucléaires. Ces réacteurs nucléaires n’ont pas eu besoin d’être construits. Parmi toutes les sources de production électrique implantées en Europe ces dix dernières années qui ont permis de supplanter le fort ralentissement de la filière nucléaire, c’est la filière éolienne qui s’est le plus développée. Implanter des éoliennes est plus rapide et plus souple que d’implanter des centrales nucléaires. Il faut environ deux fois moins de temps (5 ans pour un parc éolien contre 10 ans pour une centrale nucléaire) entre les premières études et la mise en service. En outre, le coût du démantèlement (par MW) d’une centrale nucléaire est incomparablement plus élevé que celui d’une éolienne, qui en sus, ne produit aucun déchet.

Au sujet des déchets nucléaires, voir le reportage ci-joint : http://www.arte.tv/fr/dechets-le-cauchemar-du-nucleaire/2766888.html

Consommation électrique

Pour tenter de décrédibiliser les énergies renouvelables, les pronucléaires calculent le nombre d’éoliennes qu’il faudrait pour remplacer les réacteurs nucléaires. C’est absurde : la première chose à faire est de réduire la consommation d’énergie et d’éliminer les immenses gaspillages… dont EDF est d’ailleurs en grande partie responsable : pour « justifier » le nucléaire, la surconsommation d’électricité est un véritable sport national ! La France est ainsi championne du monde pour son parc domestique de chauffage « tout-électrique », système qui est une véritable aberration à la fois sociale et économique.

Le prix de l’éolien

On trouve ici où là des dossiers qui prétendent que l’éolien pourrait coûter à la France 3 à 5 milliards d’euros par an. Or, vrai ou faux, ce chiffre est négligeable : la France a importé en 2008 pour 60 milliards d’euros de pétrole et gaz. Cette facture augmente d’ailleurs chaque année. De plus, le démantèlement des installations nucléaires et la gestion (impossible) des déchets radioactifs vont coûter des centaines de milliards d’euros. Or de leur côté, les opérateurs d’éoliennes sont tenus de provisionner 50 000 € par éolienne, montant indexé, en vue de leur démantèlement ultérieur.

Eolien « industriel » ?

Les opposants aux éoliennes utilisent systématiquement l’expression « éolien industriel », de façon péjorative, comme s’il existait un « éolien artisanal » qui, lui, serait acceptable. Il faudrait donc que les énergies renouvelables soient produites par des machines bricolées au fond de nos garages ? A ce compte, les énergies polluantes (nucléaire, pétrole, gaz, charbon) ont de beaux jours devant elles ! Notons d’ailleurs que les leaders des anti-éoliens ne sont opposés à l’industrie que lorsque elle est éolienne !

Certes, les éoliennes ne doivent pas être installées en dépit du bon sens mais il est nécessaire que les énergies renouvelables soient développées par des industries performantes, écologiques, citoyennes.

Quelques exemples de projets citoyens :

Nota bene : la société NEOEN ayant un projet d’implantation dans le Quercy est une SAS au capital de 68.434.138 euros qui bénéficie du soutien d’actionnaires reconnus et engagés dans le monde de l’énergie :

  • Impala SAS, société française détenue par Jacques Veyrat, détient 64,5 % du capital de Neoen. C’est aussi l’actionnaire de référence de Direct Energie.
  • Omnes Capital, filiale à 100 % de Crédit Agricole S.A, dédié à la prise de participations directes dans des sociétés non cotées, détient 35,5 % du capital de Neoen.

Eolien au service des promoteurs ?

Le Réseau « Sortir du nucléaire » a formalisé depuis 2004 ses positions à travers une campagne intitulée « Pour un vrai service public de l’électricité sans nucléaire », qui critique fermement la dérive libérale d’EDF et revendique « l’accès à l’énergie et la qualité des services pour tous, un système tarifaire progressif avec une consommation de base à prix modique, (…) vivre mieux, dépenser moins, réduire la pollution et améliorer les conditions de vie du plus grand nombre grâce à la maîtrise de l’énergie ». Ces positions sont incompatibles avec la recherche du profit au détriment des citoyens et de l’environnement.

Parmi les installateurs d’éoliennes en France, on trouve EDF, Areva, Total : les plus grands pollueurs. Il est donc nécessaire que les énergies renouvelables, et donc les éoliennes, soient développées par un vrai Service public de l’énergie, au service des usagers et de l’environnement.

La production

Si la production d’une éolienne est effectivement variable, elle est prévisible et cela change tout. Elle est prévisible à l’échelle annuelle. Elle est également prévisible deux à trois jours à l’avance, par interprétation des données météorologiques. Cette prévision est encore plus fiable quelques heures à l’avance. Lorsque les éoliennes sont arrêtées ou fonctionnent au ralenti dans un parc donné, elles ne le sont pas forcément dans les autres et il y a compensation. Plus généralement on parle de « foisonnement ».

Pratiquement, il n’y a pas de panne de vent à l’échelle de toute une région, et encore moins d’un pays comme la France. Des recherches sont en cours pour “lisser” la production de l’éolien. Les pistes de travail concernent le stockage temporaire de l’électricité (quelques minutes à quelques heures) pour encaisser les sautes de vent, mais aussi pour s’adapter aux variations de la consommation. D’autres investigations concernent la production complémentaire d’électricité sur le site éolien (biomasse, solaire, pile à combustibles…). Une éolienne de 1 mégawatt (1 000 kilowatts) c’est l’électricité domestique d’environ 1 000 personnes. Avec 1 000 parcs éoliens et les barrages hydroélectriques existants, la France produira, d’ici moins de 10 ans, 21% de son électricité au moyen des énergies renouvelables. 1 000 parcs éoliens est à comparer aux 100 000 km de lignes électriques haute tension parcourant le territoire français. C’est également à comparer à 36 000 communes (1 commune donc sur 36) : la plupart des communes a bien son château d’eau, sa station d’épuration ; pourquoi pas son éolienne ?

Santé & accidents 
Il y a 50 000 éoliennes dans le monde, dont certaines en fonctionnement depuis plus de 20 ans. Depuis tout ce temps aucun problème de santé n’a été remarqué qui aurait alerté les autorités sanitaires. Les accidents d’éoliennes sont peu nombreux. S’ils surviennent (généralement par la foudre), ces accidents ne signifient pas des projections de pales à de grandes distances, enfin, les parcs éoliens sont éloignés de plusieurs centaines de mètres de tout riverain. Pour se prémunir de tout risque d’accident, les éoliennes sont arrêtées en cas de tempête. Et elles sont conçues pour résister à des vents de plus de 200 km/h. Les éoliennes n’ont jamais fait tourner le lait des vaches, ni provoqué des avortements. Et il n’y a aucune raison pour que cela se produise. Ainsi les éoliennes ne sont pas constituées de matériaux toxiques ; elles fonctionnent avec des niveaux de tensions ordinaires (690 et 20 000 volts) ; elles n’émettent pas de radiations…

TV & radio

Il y a eu des perturbations TV constatées dans des zones en “bout de ligne”, comme en Bretagne, où la réception était déjà mauvaise auparavant. En effet, les éoliennes peuvent venir s’interposer entre l’émetteur (lointain) et les antennes des riverains. Les textes de loi engagent la responsabilité du développeur, qui est tenu de trouver une solution en cas de problème. Les solutions sont l’installation soit de paraboles, soit d’un réémetteur. A proximité des parcs éoliens de Goulien et de Plouarzel, en Finistère, ce sont une centaine de paraboles qui ont été installées à chaque fois au frais du développeur éolien.

Conclusion

Nous pouvons regretter des décisions hâtives de la part de certains de nos élus qui ne semblent pas avoir lus le dossier de l’enquête publique, qui semble la moindre des choses avant de donner un avis à fortiori défavorable.

Les élus semblent avoir été sensibles au tapage des associations anti-éoliennes. Cependant, en grattant un peu, on trouve que ces associations ne sont pas si innocentes qu’elles en ont l’air : http://energie.lexpansion.com/energies-renouvelables/les-anti-nucleaires-aux-anti-eoliens-demarquez-vous-de-giscard-_a-33-984.html

« En effet, bien que marginal (*), le regroupement des anti-éoliens est animé par des personnalités pronucléaires qui, par leurs réseaux, lui donne des moyens et une forte couverture médiatique. En particulier, la dite Fédération environnement durable est parrainée et/ou animée par :
– Valery Giscard d’Estaing (ex-Président de la République) et Marcel Boiteux (ex-PDG d’EDF), deux des principaux coupables de l’investissement insensé de la France dans le nucléaire dans les années 70. Trente ans plus tard, ces papys du nucléaire se lancent dans un combat d’arrière-garde contre les énergies renouvelables…
– Christian Gérondeau, auteur de Éoliennes, la grande arnaque, pronucléaire militant, il n’est autre que le président de la Fédération française des automobiles clubs. Il n’est donc pas spécialiste de l’environnement mais au contraire… de la pollution. On comprend que le puissant lobby de l’automobile veuille détourner l’attention de ses pollutions, bien réelles. »

Christian Gérondeau, est aujourd’hui Président Délégué à la Mobilité et à l’Environnement de l’Automobile Club Association. Il est également membre du conseil consultatif académique d’un think tank britannique climato-sceptique, le Global Warming Policy Foundation. » (Wikipedia )

L’argumentaire de ce lobby anti-éolien sont très simplistes et n’ont pour but d’alimenter la peur chez les riverains des projet, il est démonté par exemple sur ce site : http://amoweb.fr/article47/les-mouvements-anti-eoliennes-reportage-sur-des-anti-ecologistes ou sur http://archives.sortirdunucleaire.org/index.php?menu=sinformer&sousmenu=themas&soussousmenu=eoliennes&page=index .

Conclusion, le lobby anti-éolien national n’est que le lobby pro-nucléaire qui agitent toutes sortes d’arguments fallacieux et populiste pour que les population rejettent les implantations d’éoliennes.

En autorisant les éoliennes, notre collectivité : 
• met un pied dans la transition énergétique
• acquiert les moyens de développer son autonomie énergétique
• développe son économie et son attractivité.

Et tout cela de manière propre et réversible au cas où les progrès techniques feraient apparaître de meilleures solutions.

Le collectif

 

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3 réflexions au sujet de « Pour en finir avec les idées reçues sur les éoliennes »

  1. Excellente synthèse des idées reçues ! Elles sont utilisées pour terroriser les gens, et ne sont que des prétextes à 1) Garder le nucléaire encore et toujours et 2) Défendre des intérêts personnels. Si le monde persiste à garder des énergies « sales » pour le confort de nos pays occidentaux et si la population reste latente face à cette situation, nos enfants et petits enfants ne nous le pardonneront jamais et ils auront raison. Toutes ces énergies propres, inépuisables, comme le vent, sont des cadeaux de la nature, pourquoi s’en priver ?

  2. On entend dire aussi qu’il faudrait couvrit des milliers de km2 avec des éoliennes. Comme si une éolienne faisait table rase de tout ce qui était autour d’elle. En réalité, seule la surface du mat est occupée et il suffit de voir les vaches dans les près au pied des éoliennes pour le vérifier.

    Une donnée intéressante ici :
    http://energeia.voila.net/renouv/eolien_solaire_surface.htm

    Dans l’exemple donné, pour produire 90% de l’électricité consommée en France avec de l’éolien et du solaire, cela ne pose aucun problème de surface.

    Cette production étant complétée par celle de l’hydraulique et de la biomasse, les excédents de production sont identiques à ceux d’aujourd’hui et sont exportés chez nos voisins. Les excédents n’ont pas lieu au même moment à travers le réseau électrique européen.

  3. Bien évidemment , éolien ou pas , nous aurons toujours besoin d’une production d’électricité sure (24/24) , c’est à dire de ressources de production autres que le renouvelable (trop aléatoire) . Dans ce contexte , renoncer au nucléaire , c’est redémarrer les centrales à fioul ou charbon (exemple de l’Allemagne). Ce qui est gagné en énergie propre d’un côté est perdu de l’autre par les moyens de répondre à la continuité de la demande et aux pics de consommation .C’est pour cela qu’il faut faire preuve de réalisme d’une part , et d’autre part ne pas casser un système qui fonctionne à un coût modéré , pour un autre qui n’assure à ce stade , ni sécurité d’approvisionnement , ni prise en compte de notre spécificité énergétique à travers notre histoire récente .Par ailleurs disperser les éoliennes ne diminuera pas la facture du démantèlement des centrales , bien au contraire . Nous n’avons pas en réalité d’autre choix que d’assumer ceux du passé (le nucléaire) , ce qui n’empêche pas de développer , à titre modéré ou expérimental , des énergies plus propres .
    Hervé Guilleux

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